Mon étoile

Mon étoile
Ophélie

dimanche 3 mars 2013

J'ai fais un rêve

J'ai fait un rêve.  Un rêve merveilleux.  J'ai rêvé que j'avais une fille, une magnifique petite fille toute rose...toute ronde.  Ses grands yeux bleus brillaient comme qu'ils détenaient tous les secrets de l'univers.  Sa peau était légèrement rude et fraiche...suffisamment pour attendrir tous les baisers passionnés que l'on pouvait y déposer.  Elle avait de toutes petites mains trapues avec lesquelles elle se frottait le nez de temps à autre...et ses joues étaient suffisamment dodues pour ajouter du confort à tous les câlins qu'elle recevait.  Elle avait de tout petits pieds accrochés à de belles grosses jambes bien en chair....et tellement de plis que j'ai arrêté de les compter.  Cette petite fille à la bouche en cœur s’appelait Ophélie...et c'était le plus beau des rêves.
Parfois (lire souvent) j'ai l'impression qu'elle n'était qu'un rêve et que ce rêve s'effiloche trop rapidement dans ma tête...comme lorsqu'on se réveille le matin et qu'on tente de retourner dans son rêve car on s'y sentait merveilleusement bien.  Puis rendu au midi, on a du mal à se souvenir des détails de ce rêve et on se rappelle de moins en moins...sauf qu'on se sentait tellement bien.  C'est ainsi que je peux me sentir, et je ne veux pas arriver à midi et que ma journée avance.  Me questionnant sur ma propre santé mentale, j'ai pris mon courage à deux mains et en souhaitant qu'il ne m'interne pas sur le champs, j'en ai parlé avec David...soulagement je ne suis pas seule (donc pas complètement folle) : il a la même sensation.  C'est rassurant, mais tout aussi affolant.  Plus la vie avance, moins Ophélie est présente...et je dois m'adapter.  Comme si à chaque étape je replonge dans ce rêve merveilleux et me demande si je peux y retourner...puis je ne sais même plus si je suis en train de tout imaginer...Dite-moi qu'elle a vécue, que je l'ai réellement portée, que je lui ai donnée la vie, nourrie, bercée, serrée dans mes bras, embrassée et que je l'ai aimé jusqu'à sa mort.  Dite-moi que je ne suis pas la seule à me souvenir, dite-moi que le rêve ne continuera pas de s'estomper...dite-moi que j'y rêverai encore demain...dite-moi que je suis encore un peu saine d'esprit.
Alors que j'avais écrit ces deux paragraphes sans leur trouver de dénouement...outre mon questionnement à savoir si je suis à la frontière de la psychose, à confondre la réalité et les rêves tout en aspirant à un monde utopique qui se crée de jour en jour dans ma tête.  Bref sans une fin m'apportant un certain apaisement, ce texte ne devait pas être publié...et puis quelque chose de magique s'est produit.  J'étais confortablement collé-collé sur le divan avec Jacob, regardant un magnifique court métrage rempli d'étoiles, lorsque je lui ai demandé : 
à voir et revoir...très beau...très doux court métrage de Pixar : La luna.
 (moi) "tu te souviens de ta petite sœur"
(Jacob) "ben oui c'est cocotte d'amour"
(moi) "et tu te souviens de comment elle était?"
(Jacob)  "...elle était pour de vrai"

Elle était pour de vrai!...alors maintenant milles scénarios sont possibles...il sait lire et s'est faufilé dans mon ordinateur pour lire mon texte inachevé de la journée...ou...il est télépathe...ou...Ophélie lui a chuchoté la bonne réponse à oreille...ou...je me pose beaucoup trop de questions et elle était tout simplement : pour de vrai.  Encore une fois...merci Jacob pour cette leçon de vie.
Vrai ! tout simplement.  Apprenons de nos enfants.

jeudi 24 janvier 2013

"Passionnante" routine et mot-phare

Durant plus d'un an et demie j'ai écris mon quotidien, j'ai partagé avec vous tous...amis et inconnus...mes réflexions, mes émotions et les images de ma vie.  Par mes mots j'ai contribué à laisser une trace de la vie de ma fille, et je l'espère, de marquer le cœur des gens qui ont eu la chance de la croiser virtuellement ou en chair et en os...surtout en chair !...Depuis plusieurs semaine je n'y arrive plus, malgré une pulsion qui me ramène constamment devant mon clavier...même phénomène pour ma caméra qui attend avec solitude le moment de capter l'instant présent.  Je me sens parfois décalée dans le temps...comme si j'étais une spectatrice plutôt qu'une actrice dans ma propre vie...les mots sont confus...les réflexions sont longues à venir et les distractions nombreuses... 
Mon téléphone, plus rapide et facile d'accès, compense parfois ce besoin de capter l'instant.  Mais la vie va tellement vite...comme Jacob...et je n'arrive pas toujours à être synchronisée.
Je suis donc de retour au travail à temps plein, et encore en constante dissonance entre ma vision de la vie et ce qu'elle semble m'imposer (à moi et le reste de la planète), en recherche de temps et d'énergie dans ces horaires insensés...je suis fatiguée et sensible...je suis en admiration devant ces parents qui y arrivent et en adoration devant ces familles monoparentales qui s'en sortent indemnes.  J'ai la chance d'avoir des collègues compréhensives (la majorité de femmes l'emporte) qui semblent parfois s'amuser de mes grandes théories sur la vie, tolérer mes petits emportements émotifs sur certaines situations qui me touche davantage et rire avec moi de mes petites lacunes cognitives (temporaires je l'espère).  À la maison, c'est la routine "habituelle" des parents qui travaillent...bref on court et on cherche du temps de qualité pour autre chose que le pratico-pratique du train-train quotidien: passionnant.  Heureusement que nous sommes deux...deux un peu affaiblis c'est tout de même mieux que seule avec ses angoisses...David a ses défis, j'ai les miens, Jacob ne donne pas sa place et Adam s'organise pour ne pas être oublié!
Commence à faire quelques pas, fait le poisson (ainsi que tout ce que Jacob peut lui montrer comme grimace) et dit "papa" au très grand bonheur de David.
Adorable et plein de surprises.  Sa nouvelle idée : il veut que papa mette une graine dans mon ventre qu'elle grandisse et se transforme pour avoir une autre petite sœur car la sienne est dans les étoiles alors il ne peut pas jouer avec elle...triste et mignon tout à la fois.
Et le couple dans tout ça...on tente de prendre le temps, on sait que s'aimer n'est pas nécessairement suffisant pour que le quotidien soit à la hauteur de notre attachement...mais je sais que ça ira. xxx
Je n'avais pas choisi de mot-phare pour guider mon année 2013...et comme mieux vaut tard que jamais, je crois que ÉQUILIBRE serait approprié.  Durant les dernières années j'ai eu beaucoup de prises de conscience (que vous avez peut-être lues au travers mes textes), j'ai investie tout ce que je pouvais et plus encore dans mon rôle de maman, négligeant les autres aspects de ma vie.  Je sais davantage ce que je veux, ce que je souhaite prioriser dans mon cœur et dans ma tête...mais je constate maintenant la difficulté d'actualiser le tout.  Je veux poser des actions concrètes qui vont dans le sens de mes croyances et valeurs de vie...et je suis face à une société qui n'est pas tout à fait bâtie comme telle...ou peut-être que mes choix doivent être requestionnés d'un autre angle.  Bref je cherche l'équilibre dans ma vie, l'équilibre entre mon cœur et ma tête, l'équilibre dans le quotidien, l'équilibre entre la vie professionnelle, personnelle et familiale, l'équilibre entre l'agenda et la spontanéité de vivre...l'équilibre dans mon corps...je veux arriver à méditer sur un fil de fer!  Première étape, pour le corps et l'esprit, le kundalini yoga et la course sont de retour dans ma vie et sont des éléments essentiels à mon équilibre...reprendre le contrôle de mon corps et de mon esprit, c'est un incontournable pour moi...
Petit aveu...un élément difficile dans le deuil de ma cocotte est de ne pas pouvoir avoir une photo de nous 5 dans le même cadre...parfois c'est comme si elle n'avait été qu'un rêve, un souffle chaud à peine perceptible mais qui te réchauffe le corps en entier...
Est-ce que je vais bien ? bof.  Est-ce que le quotidien est difficile...définitivement.  Est-ce que j'ai de beaux moments de bonheur...tout à fait et en voici quelques uns qu'il me fait plaisir de partager. 

Du bon temps avec de merveilleuses amies...qui m'ont apporté beaucoup plus qu'elles ne le pense durant ces 5 dernières années. 
Mon grand Jacob qui ne manque pas d'énergie sait nous surprendre par ses réflexions et ses mimiques...parfois anxieux, mais facilement rieur !
Un fou rire, un câlin...bébé bonheur porte bien son nom.
Un souper en famille avec chef à domicile...quelle belle expérience et quelle fabuleuse soirée !
Une visite toujours autant apprécié à "notre" musée du train, cette fois en compagnie de mes nièces adorée...tatie se gâte en petites filles...elles sont belles, coquines, curieuses et délicieusement coquettes et rebelles tout à la fois!

mardi 1 janvier 2013

Bilan et Bonne année !


Depuis quelques jours mes doigts frémissent d'impatience pour s'activer sur le clavier...mais rien ne vient.  L'influx électrique qui devrait venir du cerveau n'est pas émis...l'inspiration qui devrait venir du cœur se fait discrète...Est-ce que c'est la fatigue accumulée des derniers mois additionnée aux très nombreux soupers et party des fêtes ? Est-ce que j'ai dit tout ce que j'avais à dire? Est-ce que le temps a eu raison de moi et mes simples troubles de mémoire et d'organisation mentale ont pris de l'ampleur?  Est-ce que mon ennui grandissante pour ma fille prend une ampleur telle qu'elle me maintien dans le passé et m'empêche d'être à l'écoute du présent?...Est-ce que c'est un peu de tout ça mélangé, en plus d'un "léger" manque de temps et de "quelques" interruptions par mes garçons adorés (mais demandant)...aaahhh je savais que j'avais besoin d'écrire, je me sens déjà mieux.   
Je ne peux pas m'empêcher de mettre une photo d'elle...elle me manque ma cocotte d'amour.  Comme je voudrais que le passé soit présent.
J'étais un peu perdue dans mon brouillard mental, lisant autour de moi bilans de l'année 2012 et souhaits pour 2013...déjà un peu en questionnement continuel sur le sens de la société, de la vie, je ne savais pas trop comment me positionner.  Pourquoi ces souhaits d'amour et de santé seulement une fois par année ? Ne devrait-on pas le souhaiter tous les jours?  Ne serait-il pas bénéfique de faire de même avec notre bilan...chaque soir ou chaque matin...ou à chaque instant se questionner si on est au bon endroit et dans un état qui nous est agréable ?...Je peux affirmer que le hamster dans ma tête a mérité ses rations sucrées supplémentaires des fêtes!  Je me sentais donc légèrement impuissante face à la vie (ça n'est jamais bon quand ça arrive) lorsque deux choses se sont succédées.  Hier soir, David et moi avons visionné la communauté de l'anneau (encore)...quoi que je l'ai entendu mainte et mainte fois une phrase de Gandalf m'est restée en tête : "Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti."...et puis aujourd'hui la "magie" de facebook a fait son œuvre.  De partage en partage, l'inspiration créatrice d'une personne inconnue est arrivée jusqu'à moi par le biais d'une amie...et la lumière est revenue: nous avons la liberté de choisir...même si parfois les choix disponibles nous semblent limités.  L'important, selon moi, est de vivre le moment présent et de savoir l'apprécier...n'est-ce pas ce que j’apprends à faire depuis l'arrivée d'Ophélie dans ma vie? 

Dans le fond, peut-être que faire notre bilan c'est se souvenir des choix que nous avons fait, des gens que nous avons rencontrés, des actions que nous avons posés.  Faire notre bilan c'est constater où nous sommes dans le moment présent, à l'aube d'une nouvelle année.  Faire notre bilan c'est peut-être de faire la paix avec soi-même, accepter les routes que nous avons décidé d'emprunter et se remémorer la raison pour laquelle on choisi d'avancer.  J'aime l'idée du vase...c'est une belle façon d'illustrer, de concrétiser le moment présent.  Pour faire cette simple action, on doit être conscient du moment, s'arrêter pour prendre le temps de l'écrire, puis le partager avec des gens qui nous sont chers...j'aime.  Cette année je nous souhaite que nos vases soient remplis de beaux moments, de belles pensées, de baisers volés, de moments partagés et de rires ressentis.  Bonne année 2013 !
Ça c'est du moment présent qui goûte bon !
...et un autre moment présent, un peu moins sucré, mais tout aussi délicieux !

lundi 17 décembre 2012

Grand frère un jour, grand frère toujours

"Maman, maman j'ai trouvé cocotte !!"  s'écrit un Jacob joyeux.  Quelle est cette nouvelle ruse pour ne pas se coucher ?...je décide néanmoins de me rendre sur place, dans sa chambre, et voilà mon grand tenant fièrement une petite étoile métallique dans sa main : "maman, maman j'ai trouvé cocotte...elle est tombée du ciel...je suis chanceux moi, je vais faire dodo avec elle !"
Il l'a déposé doucement sur sa table de chevet...
Mignon...touchant...et pourtant Jacob sait maintenant qu'on "fait semblant" que cocotte est dans les étoiles, car ça nous fait du bien de le penser, qu'elle n'est pas là pour vrai avec son corps...c'est son amour et les souvenirs qui le sont.  Hé oui notre grand de 4 ans a eu droit à un nouveau livre sur la vie de sa sœur, la suite du tome 1, le temps était venu de répondre à ses questions de grand.  Jacob vivait depuis quelque temps beaucoup d'anxiété, c'était du moins ma lecture de maman.  C'était très difficile avec lui à la maison et nous devions faire quelque chose pour l'aider...il n'était pas bien : je le sentais dans mon cœur. 
Nous sommes donc allé valider son besoin auprès de gens spécialisés et objectifs (deuil-jeunesse), puis j'ai composé un tome 2, pour sa compréhension de 4 ans, relatant toute la séquence des événements depuis la maladie d'Ophélie, la nuit de son décès, ce qui est arrivé, qui étaient les deux monsieur ambulanciers et où ils ont amené cocotte, ce que veut dire mourir pour le corps, le salon funéraire, la crémation et l'urne...hé oui j'ai parlé de crémation à mon fils de 4 ans, je lui ai expliqué comment le corps de sa sœur, une fois mort, a été transformé en une sorte de poussière et mit dans une urne.  Sa première réaction a été incertaine...puis lorsqu'il a pris l'urne dans ses bras, il a affiché un énorme sourire et l'a serré très fort contre lui...j'ai alors senti son bonheur de "retrouver sa sœur": elle n'était pas toute seule perdue dans les étoiles...elle était morte et la poussière de son corps était ici.  Vous savez ce qu'il a dit ? "oh elle est pesante...elle a grandit (voulant dire grossit)"...bon le concept n'est pas tout à fait intégré, mais on ressentait son soulagement et son bien-être...et c'est le plus important.  Pour l'instant il semble confortable avec les mises à jour...il est capable de l'expliquer.  On fera évoluer nos réponses en même temps que se développeront ses questions...j'aurai certainement d'autres éléments à ajouter dans le tome 3, à ses 5 ans, car le deuil chez les enfants c'est une constante évolution...un "work in progress".
 Depuis cette lecture, je le trouve plus posé, moins anxieux...c'est encore un garçon de 4 ans qui n'a pas toujours envie d'écouter les consignes, mais ça demeure dans le domaine du "on va faire de notre mieux comme tous les autres parents d'enfant de 4 ans".  J'ignore si cette amélioration est le résultat de seulement notre intervention ou combinée à notre "arme secrète", mais Jacob va bien et c'est parfait ainsi.  Notre "arme secrète" ?...le lutin-coquin du père noël nous aide beaucoup dans la gestion des comportements, apportant chocolat et cadeaux lorsque Jacob est gentil (je sais, j'abuse de la magie de noël...mais ça fonctionne !!!).  Le seul problème est de trouver comment justifier que le lutin puisse rester après noël...vous pensez que le lapin de pâques commencerait sa tournée en janvier ? hihi.        
Jacob et lutin-coquin, joueur de tour et spécialiste en système de renforcement
c'est un texte sur Jacob, mais pour le simple plaisir de vos yeux...Adam le lutin !

mardi 11 décembre 2012

12-12-12 journée de vie et d'amour


Le 12 décembre...Ce n'est qu'une date...je sais...et pourtant elle résonne en moi.  Une vibration temporelle qui allume mes sens et m'atteint en plein cœur.  Je me sens vibrer...je me sens vivre.  Le 12 décembre marque le décès de ma petite fille, Ophélie, mais c'est de vie dont j'ai envie d'écrire.  J'ai envie que tous et chacun ressentent au fond d'eux-même la vie qui les fait vibrer, que tout le monde se lèvent pour saluer le soleil, que tous prennent conscience de la beauté qui nous entoure et que chacun embrasse les gens qu'ils aiment.  J'ai envie que le 12 décembre, même si ce n'est qu'une date, que tout le monde sourit à la vie et l'apprécie sincèrement...sans tricher !  Bien sur que si on cherche (et parfois on a pas besoin de chercher très loin) on peut trouver milles imperfections, insatisfactions et malheurs à notre vie...on fini toujours par trouver ce que l'on cherche, alors pourquoi ne pas choisir de chercher le bonheur ?  Pourquoi ne pas commencer par une petite journée...une date comme une autre, le 12-12-12.
Le 12-12-12...journée de la vie, journée de l'Amour !
Bien sur que parfois je pleure, que j'angoisse, que je me fâche, que je cri et hurle par moment, que je perd le contrôle, que je remet tout en question, que je doute...je ne suis ni folle, ni insensible : j'ai eu une fille et elle est morte.  J'ai beau croire sincèrement que ça devait être ainsi, qu'elle a eu une vie courte mais intense et que mourir était ce qui était le mieux pour elle, qu'elle a laissé un héritage d'amour indescriptible et a changé ma vie et celle de plusieurs...elle me manque tellement. C'est ainsi et je crois que ce vide demeurera...mais ça n'est pas une raison de cesser de vivre moi-aussi et de ne pas être heureuse.  Avec elle n'est pas mort tout le reste...je suis vivante, ainsi que le sont beaucoup de gens merveilleux, incluant mes deux superbes garçons.  Je vais mourir un jour...ça c'est une certitude...en attendant j'ai une vie à poursuivre, des rêves à réaliser, et éventuellement j'arriverai à accepter le fait que la présence d'Ophélie dans ma vie appartient au passé, et que c'est sans elle que je dois avancer.  Je sais que c'est ce que je dois faire, mais je ne suis pas encore prête à la laisser derrière...même si la porter sur mon dos alourdi ma charge et me ralenti, même si je suis fatiguée...je me donne le temps car j'ai besoin de temps, mais je choisie d'être heureuse aujourd'hui.  C'est là où j'en suis, ici et maintenant.  
Trois vies, deux temps, un père noël.
Aujourd'hui nous sommes le 11 décembre...ce n'est pas une erreur de date de publication.  Si le 12 décembre 2011 notre cocotte d'amour nous quittait, la veille, un dimanche, pendant que mes nouveaux voisins aménageaient et qu'une belle neige tombait (si je me rappelle bien), le 11 décembre 2011 a été sa dernière journée de vie.  Nous avions passé la journée à la serrer dans nos bras, à tour de rôle, du petit matin à tard le soir...et c'est sa vie dont je veux me rappeler.  Nous savions que c'était une question d'heures, et nous l'avons embrassé et aimé, puis nous l'avons rassurée (ou peut-être était-ce nous que nous rassurions)...jusqu'à ce que je me couche avec elle dans notre lit, pour me réveiller seule.  Je suis donc ici, un an plus tard, à vouloir écrire sur la vie, à vouloir souligner sa vie.  J'écris donc le 11 décembre, pour me souvenir de sa présence et tenter, à ma façon, de faire résonner sa vie dans le monde entier (ou aussi loin que peut se rendre ce message d'amour)...que demain, le 12-12-12, soit une journée spéciale...que ce soit une journée de paix et de partage, que ce soit une journée où l'on voit la beauté et les petits bonheurs du quotidien, que ce soit une journée où l'on choisi d'être heureux tous ensemble...que ce soit une journée de vie et d'amour.
À la douce mémoire de notre belle Ophélie, sourions à la vie.   

lundi 26 novembre 2012

Je suis vivante

Chapeau à vous tous, parents et travailleurs, qui arrivez à garder le sourire, à jouer avec vos enfants, avoir une vie de couple et une maison propre et raisonnablement rangée tout en vous réalisant professionnellement...je suis admirative...et peut-être également un peu envieuse : comment faites-vous ??  Y-a-t-il une méthode miracle qui n'a pas été partagée sur les médias sociaux?  Est-ce que vous arrivez vraiment à trouver satisfaction dans la routine du "vite vite il faut partir", du "fini de souper, c'est l'heure d'aller dormir", et du "dépêche-toi", ou encore du "allez, on a pas le temps, tu joueras à la garderie" ?  Est-ce que ce sont les événements, l'évolution de notre deuil, qui font que nous arrivons difficilement à nous adapter à cette nouvelle routine, alors que plusieurs personnes ont une liste plus lourde et y arrivent très bien ?
Clarifions les faits : 
1- Mes enfants et mon chum me manquent.  
2- Je me manque (du temps pour moi, c'est assez limité !)
3- Je cherche encore à comprendre comment notre société a pu en arriver là. 
4- Je suis fatiguée...et c'est aussi le cas des enfants, qui vivent un grand chambardement de leur routine de vie.

Voici donc pour le "chialage" non constructif mais qui fait du bien. ;)

Passons à ce qui fait que la vie est belle malgré tout, parce que c'est encore vrai.

Un retour au travail signifie également de revoir des collègues bien appréciés et d'en rencontrer des nouveaux (car côté nouveauté je ne suis pas en manque après 2 1/2 ans d'absence...j'entends d'ici mes collègues du réseau étouffer un petit rire, de la nouveauté ? ben voyons !).  De beaux défis m'attendaient et je reprend peu à peu confiance en moi.  Je redécouvre le monde du travail avec une nouvelle perspective, avec un recul intéressant et un sentiment de vécu très puissant.  J'expérimente la fusion de la professionnelle et de mon expérience de maman d'Ophélie...intéressant.  Je suis heureuse (et soulagée) de retrouver graduellement la passion pour mon travail...cette passion non destructrice qui laisse une étincelle dans les yeux.  Je suis fière d'arriver à garder une distance entre moi et le tourbillon aveuglant du sentiment d'urgence permanente, ce tourbillon trop souvent envahissant dans le monde du travail.  Je tente de trouver le bon équilibre entre le travail et la famille...un défi de taille...notamment ce matin, une fièvre de Jacob vient me rappeler que l'équilibre n'a peut-être pas comme centre mon agenda.  Il me faut donc ajuster mon point d'appui...l'équilibre c'est peut-être de savoir danser dans une zone de confort, plutôt que de se tenir sur un pied du haut d'une poutre ?
image internet.
J'apprends à maximiser l'utilisation de chaque moment afin d'aller rechercher ce que j'ai besoin.  Aussitôt que les enfants sont déposés avec soin, amour et tendresse dans leur garderie respective (hé oui, chacun leur garderie), une musique méditative m'aide à me détendre et me centrer sur moi-même, je calme mon mental qui s'agite parfois avec le rythme trop rapide (et trop tôt) du matin et je prend le temps de respirer !  Hé oui, R-E-S-P-I-R-E-R !  Je suis certaine que vous aussi oubliez parfois de respirer profondément...Allez tout de suite: on respire ensemble (et vous avez le droit de relire ce paragraphe à répétition à toute heure du jour et de la nuit si l'envie de respirer vous prend soudainement !)
...I-N-S-P-I-R-E-R...
...E-X-P-I-R-E-R...
...expirer encore en abaissant les épaules.  J'ai l'impression de respirer à moitié et de laisser des tensions multiples sur mes épaules, quand je suis stressée, c'est aussi votre cas ?  C'est donc dans la voiture en me rendant au travail, que chaque matin je souris toute seule à la vie en me disant : je suis vivante.  Prochaine étape, arriver à le faire pendant la fameuse routine "rapido presto" du matin !
Bonne journée ! Souriez, vous êtes vivants...fatigués peut-être, mais vivants !

mercredi 14 novembre 2012

Grande transition, petite réaction...ou l'inverse !

C'est fait...je suis de retour au travail, je suis de retour dans le "vrai" monde...dans cette réalité étrange où il semble normal de passer 8 heures au travail, 2 heures dans la voiture et seulement 3 à 4 heures par jour avec ses enfants en comptant les routines du matin, du souper, du bain et du dodo...j'imagine qu'entre la vaisselle, le ramassage et une brassée de lavage on va bien trouver un petit moment de couple...et avec un peu de chance il va nous rester quelques minutes de temps libres chacun pour soi.  Désolé de mon cynisme...j'exagère à peine mon ressenti.  Vous devinez que je suis "légèrement" en réaction face à ma nouvelle réalité, vous comprenez que revenir au travail après 2 ans et demi n'est pas aisée,...et sachez que je ne suis pas prête à entendre "tu vas t'habituer", car je ne veux jamais m'habituer à ça.  Comment m'imaginer voir mes enfants si peu, tant en terme de temps quantitatif que qualitatif ?  Je donnerais tout ce que j'ai pour voir ma petite fille et passer du temps avec elle...mes garçons sont bien vivants et je les vois à peine...ça ne fait pas sens dans mon esprit.  C'est pourtant ce que je vie, et je suis très consciente de ne pas être la seule...comment elles font les autres mamans?  Je n'arrive pas à me convaincre que "c'est ça la vie", car à mes yeux ce n'est pas ça la vie !...la vie c'est ÇA :
Ma caméra étant en réparation (elle me manque tellement, je me sens presque déstabilisée sans elle), Jacob m'a proposé la sienne (mignon) et me permet d'utiliser les photos qu'il a prise lui-même...celle-ci est vraiment ma préférée !
J'ai pris conscience dans les dernières années à quel point il est précieux de vivre le moment présent et de prioriser ce qui est vraiment important dans ma vie, mais comment actualiser tout ça aujourd'hui et réussir du même coup à payer l'hypothèque et faire un travail valorisant ?  J'ai beau être en révolte contre notre société, j'aime mon travail et je garde confiance de trouver un équilibre dans tous les domaines de ma vie...ouf mais quelle tâche ardue !  Retourner au travail est un choix réfléchi pris en tout connaissance de cause, pour le moment c'est la seule option possible qui nous permet de respecter nos différents choix de vie...que voulez-vous on a la "malchance" d'aimer le foie gras et le bon vin !  Ça doit être ça rechercher l'équilibre après les dernières années de privation et de sacrifices (que je ne regrette pas une seule micro-seconde).  Je dois également avouer que je suis contente de retrouver la femme et la professionnelle en moi, celles qui cohabitent avec la maman et qui ne forment qu'UN, en vérité (par contre, les talons hauts et un bébé dans les bras ce n'est pas encore acquis!).  Un jour de travail à la fois, je m'adapte, j'observe, je prend connaissance des nouveautés, je reprend confiance en moi et enregistre des tonnes d'informations tout en faisant de grosses mises à jours cérébrales...et toujours une photo de mes trois enfants me rappelle de ne pas me laisser emporter dans la tornade du stress, des urgences, des complexités, ici et maintenant au travail et lorsque ce sera fini ce sera ici et maintenant dans ma propre vie...en attendant me centrer sur l'essentiel : le client...et toujours cette petite question émergera, témoignant de mon héritage de maman d'Ophélie "comment va la famille"? 
Ah oui...je vous avais dit que la caméra de Jacob avait des options spéciales?!
J'ai envie (et besoin) de vous parler de milles et une choses...mais nouvelle réalité oblige, je manque de temps et je dois aller dormir car demain matin viendra très (trop) tôt.  Bonne nuit !
Mon cher Jacob, qui sera très certainement mon prochain sujet d'écriture...pas toujours facile de vivre un deuil pour la fratrie. Merci pour les photos grand cœur d'amour !