Mon étoile

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Ophélie

samedi 20 février 2016

Je suis, nous sommes, plus que quelques lettres

Depuis plusieurs mois j'hésite à écrire ces mots.  J'hésite car je veux écrire de l'espoir, du soleil et des arc-en-ciel.  J'hésite car j'ai peur d'envahir le cœur d'autres mères de tristesse et de découragement.  J'hésite aussi car l’Ego ne veut pas toujours avouer ses faiblesses.  J'hésite car c'est un sourire que je veux imaginer dans votre visage à la lecture de mes propos.  Est-ce que la société est réellement rendue à reconnaître la valeur d'une personne si elle admet ses difficultés ?  (Ou la la me voilà qui m'inquiète du regard des autres...Humanité sort de ma tête !!!)
photo internet
Je suis une femme, une mère, une professionnelle, une amie, une sœur, une amoureuse...et j'ai un trouble anxieux généralisé : un TAG dans le jargon du métier.  J'ai fais une dépression de laquelle je me sors tranquillement mais dans le bon sens...et j'ai également eu un choc post-traumatisme qui m'amenait entre autre à vivre une très grande anxiété, à être incapable de respirer, à avoir des tremblements à la seule vue d'une ambulance.  Ça y est! C'est dit!  Vous croyez qu'après ces mots on voudra encore m'engager?  Me considérer ? Me prendre au sérieux lorsque j'exprime une opinion, un commentaire, une inquiétude ?  Parce que ce c'est ça aussi la santé mentale.  Lorsque l'on a un problème de santé physique, personne ne se pose la question...mais pour la santé mentale alors c'est l'ensemble de la personne qui est remise en cause.  J'annonce que j'ai une grippe "d'homme", alors j'ai le soutien de l'ensemble de mon réseau.  J'annonce que je suis anxieuse, alors là on en entend de toutes les couleurs : "prend sur toi", "arrête de voir le verre à moitié vide", "tu ne comprends pas, tu as peur du changement', "ben non, c'est rien"...ou alors tout le monde se tait...le silence...comme si on venait de dire une banalité alors que l'effort de le nommer nous a empêché de dormir.  Je ne suis pas un TAG...je suis moi.
face à face avec soi-même..et les autres. Crédit photo: Stéphanie Lemieux
Je suis une femme, une mère, une professionnelle, une amie, une sœur, une amoureuse...et je suis brillante, résiliente, compétente dans mon domaine et sensible à ceux qui m'entoure.  J'ai de la facilité à m'exprimer et me présenter, à me mettre à la place de l'autre et comprendre sa perspective.  Je suis donc excellente lorsqu'il s'agit de collaboration, de formation, de supervision et coaching.  Le travail d'équipe ne me fait pas peur, au contraire c'est stimulant d'amener un groupe de personnes vers un objectif commun, même si au départ ça semble un défi impossible.  Rien n'est impossible si on trouve la bonne motivation.  Est-ce que je vais être anxieuse avant une rencontre importante? Bien sur! comme tout le monde...et un peu plus probablement.  Est-ce que je suis moins compétente dans ce que je suis, dans ce que je fais? Non.  Si c'est le cas, alors c'est que j'ai besoin d'un recul, d'une pause...comme si j'avais une grosse grippe "d'homme".  Idem dans le rôle de ma vie, celui de maman.  Je suis une bonne mère, qui donne tout ce qu'elle peut, avec son cœur, et parfois j'ai besoin d'une pause en boule sous les couvertures, ou sous une bonne douche chaude...la porte barrée !!
Moi..simplement.
Plusieurs d'entre vous qui lisez ses lignes le savez, j'ai eu quelques défis dans ma vie durant les dernières années.  La vie et la mort d'Ophélie n'a pas causé mon TAG, il était déjà là...à une autre intensité peut-être, compris et géré autrement (ouf que certains ex et vieilles connaissances en auraient long à dire...gardez-vous une petite gêne).  Mes parents (et le cadre de porte de ma chambre d'enfant qu'ils ont du remplacer à mon départ) pourraient en témoigner...mais ils pourraient tous également vous en dire beaucoup plus sur la personne que je suis.  Une personne n'est pas définie par quelques lettres, par un ou deux diagnostics ou par un seul trait de caractère (c'est une phrase importante, vous pouvez la relire une seconde fois...et plus encore).  Ne vous laissez pas prendre par cette trop simpliste façon de définir une personne.
Moi. simplement. Crédit photo: Pierre Lemieux, alias papa.
Dans ces derniers mois de silence il s'est passé beaucoup de choses.  Puisque je m'étais donné comme règle de ne publier un texte que si j'arrivais à en tirer un enseignement, un élément positif...alors ce fut difficile d'écrire.  J'ai eu comme défi d'apprendre à me définir moi-même...car je ne peux demander aux autres de faire ce que je n'arrive pas à faire.  J'ai appris à reconnaître mes forces et mes défis...il était temps à l'approche de la 40aine.  J'ai découvert une femme pas mal "hot' (merci à Guylaine Guay pour l'expression).

Qu'est-ce qu'on devient ? David et moi sommes toujours dans le 15% des couples survivants (et amoureux!).  Jacob est déjà rendu à 7 ans, 2e année, 2 dents en moins, très très brillant, il adore les pokemons et la science.  Il va super bien à l'école et est maintenant un scout (un castor actuellement en camps pour 2 dodos, ouf je ne reste pas loin de mon téléphone).  Ah oui...et il a eu son diagnostic de trouble du spectre de l'autisme et de trouble d'attention avec hyperactivité (attention à la règle qu'une personne est loin d'être définie par quelques lettres...).  Adam est à quelques jours de ses 4 ans (!!déjà!!).  Petit Grand garçon enjoué et actif, qui veut tout faire, tout voir, tout toucher, et qui n'aime pas attendre  Inscrit pour la grande expérience de Passe-Partout en septembre 2016, il a bien hâte d'aller à l'école parce que..."PARSQUE".  Un grand sensible très persévérant !  Ah oui, et il pourrait suivre les traces de son grand frère pour quelques traits qui font de lui un être spécial avec quelques petites lettres en bonus.  Leur sœur dans tout ça? "Elle est dans notre cœur" comme vous dirait Adam le sage.  Le seul problème avec sa sœur, vous dirait-il, c'est qu'elle ne peut pas sortir de son cœur pour aller faire peur au grand méchant loup qui vient la nuit.  

Bref...on est définitivement une famille de supers mutants (référence à un ancien texte sur ce blog), mais on est des mutants "HOT'" et amoureux.      

lundi 30 mars 2015

Parlons des soins palliatifs pédiatrique avec amour

Parfois, les épreuves de la vie nous amène vers une route imprévue...une route que l'on aurait préféré éviter, mais qui nous fait découvrir une nouvelle perspective.  Ce n'est surement pas le chemin que j'aurais choisi...mais je suis reconnaissante du chemin parcouru, malgré tout.

Ma petite Ophélie m'a fait découvrir le monde parallèle des soins palliatifs pédiatriques.  Ce sujet tabou qu'il vaut mieux éviter lors d'un souper si on ne veut pas créer un long malaise généralisé...et pourtant la mort ne fait-elle pas partie de la vie?  Je sais que ma réalité est...disons...particulière...j'ai parfois l'impression d'être une extra-terrestre parmi un monde complètement nouveau, d'être en parallèle de la masse.  Je demeure cependant convaincu que je suis une femme, une mère tout ce qu'il y a de plus normale (ou presque selon votre définition de normalité).  Je suis parfaitement imparfaite quotidiennement et ainsi-soit-il ! Dans mon petit monde parallèle imparfait j'ai parfois de la difficulté à m'adapter à certaines choses...les valeurs économiques me font horreur, l'hypocrisie m'irrite et le système politique m'effraie...mais bon, ça c'est un autre sujet...je m'écarte.  
Je disais donc que les soins palliatifs pédiatriques sont souvent négligés.  Il suffit de regarder un téléthon pour réaliser qu'on ne parle que des survivants, des héros qui vont guérir grâce à la super machine ou des grandes batailles qui ont été gagnées.  Ne vous méprenez pas...je suis sincèrement touchée par ces enfants, ces adolescents et leurs parents qui passent par de très grandes épreuves et si je le pouvais je remplirais les hôpitaux de traitements miracles.  Cependant, il arrive que la bataille qu'un enfant ait devant lui est d'affronter et de se préparer à sa propre mort.  Trop souvent un parents doit vivre ce deuil impensable de perdre son enfant...et c'est difficile.  Encore plus si on est pas bien entouré.  Nous sommes privilégier d'avoir de si bons amis...des familles aimantes...et d'avoir eu de si bons services avec les soins palliatifs...ce même département qui est trop souvent négligé.

Lors d'une conversation avec notre merveilleuse infirmière des soins palliatifs de l'hôpital de Montréal pour enfants (oui oui même plus de 3 ans après son décès), elle m'a demandé si je serais intéressé à être interviewée par une journaliste de l'hôpital qui désire faire un article sur les soins palliatifs pédiatriques.  Ma réponse fut immédiate: évidemment !!! Quelle belle nouvelle d'oser en parler...ça pourrait aider tellement de parents et d'enfants.  Alors voilà le fruit de cette entrevue...avec une dame très sympathique qui fut vraiment à l'écoute de notre vécu.  Merci de poursuivre l'héritage d'Ophélie...



lundi 27 octobre 2014

Alchimie et diagnostic

L’écriture = médium par lequel une situation, une perception, une pensée et une émotion difficile se transforme en élément constructif, en espoir et en positif.

Plus d’un an sans publier de texte = un an d’écriture personnelle, de repli sur soi, d’introspection, de difficultés à trouver la sortie de ce tunnel sans fin…mais aussi des beaux moments, un déménagement, des changements d’emploi, de nouveaux défis, des accomplissements personnels et professionnels (mais ça, c’est pour une autre fois).

Reprise de l’écriture = besoin du processus de transformation d’une grosse nouvelle en quelque chose de constructif, c’est l’heure de transformer du plomb en or…c’est le temps de boucler la boucle.
La boule de plomb qui m’est tombée sur le cœur = le pyruvate dehydrogenase complex deficiency (PDCD)…le diagnostic d’Ophélie.  C’est laid comme nom.  J’aurais préféré le syndrome d'Ophélie…mais bon, « c’est ça qui est ça ».  LÂCHEZ GOOGLE, je vais vous expliquer tout ça le plus simplement possible dans les limites de mes connaissances en génétique (avec l’aide précieuse de ce site http://emedicine.medscape.com/article/948360-overview#showall, et de ce que j'ai compris de la conversation avec la conseillère en génétique)...entre deux mouchoirs.
 
Le mercredi 6 octobre 2010 nous apprenions que notre petite fille allait mourir.  4 ans plus tard le jeudi 16 octobre 2014, nous étions de retour à l’hôpital de Montréal pour enfants, un peu plus gros, un peu plus cernés, pour apprendre comment (parce que le pourquoi, on trouvera jamais de réponse alors aussi bien ne pas demander).  Je ne pensais pas, sincèrement, que ça m’affecterait autant.  Après tout, ça ne change rien pour Ophélie, son cerveau était déjà tellement touché que même le meilleur des traitements ne l’aurait pas gardé avec nous.  Vous vous souvenez de ma famillede mutants?  Hé bien c’est pour ça que c’était important de savoir.  Depuis près de 4 ans, il y a ce risque invisible dans les mitochondries de mes fils.  Depuis 4 ans je vie en hypervigilance.  Je suis fatiguée.  Fatigue = hypersensibilité.  Hypersensibilité = tu pleures juste à franchir la porte de l’hôpital pour aller aux toilettes, imaginez une fois dans le bureau de la conseillère en génétique.     
Hôpital de Montréal pour enfants...à quelques mois de son déménagement.
 Alors le PDCD c'est une maladie neurodégénérative associée à un métabolisme mitochondrial anormal.  Les mitochondries c'est ce qui fournis l'énergie aux cellules, sans énergie la cellule ne peut pas faire son travail.  Quelque part dans le code mitochondrial d'Ophélie il y avait une erreur, qui faisait en sorte que la cellule manquait d'énergie (et son corps au complet en fait).  Alors par exemple au moment où le cerveau commandait une dose d'énergie à ses cellules responsables de le créer...oups la réserve était vide et la cellule n'était pas en mesure de charger ses batteries, résultat: un cerveau pas très complet.  Vous aimez ma version simpliste de la génétique ?  C'est globalement ce que j'en ai compris.  Elle a également expliqué que la maladie se serait développée après sa conception alors que ça n'aurait pas été transmit par nous, et que ça serait relié au X, et qu'il y aurait peu (pas) de risque pour les gars.  Mais bon...ces derniers éléments collent pas avec tout ce que j'ai lu dans la dernière semaine (vive internet!) alors la généticienne va avoir droit à mon petit questionnaire de clarifications et elle a besoin d'être précise dans ses réponses parce que j'ai fait mes devoirs de maman louve.  Imaginez, 1 sur 50000 et elle a réussit à nous trouver...on est chanceux (mais pas à la lotto)!!!...mais pousse pas ta "luck" PDCD et touche pas à mes gars.
Une chose est certaine...c'est qu'ils ne manquent pas d'énergie ces deux-là !!!!
On a un diagnostic, mes fils ne seront techniquement pas touchés par cette maladie au nom laid...alors tout est réglé on peut boucler la boucle.  Pas si simple...je dois avoir une dyspraxie du cœur, ça me prend un peu plus de temps pour y arriver, ça va venir.  C'est à ce moment-ci de mon écriture que me venait habituellement mon don d'alchimiste et que tout se transformait en or...mais voilà...j'ai un blocage.  Je n'arrive pas à transformer cette nouvelle en or.  Je suis triste.  J'ai l'impression de revivre le choc d'il y a 4 ans...une spirale infernale dans un brouillard de confusion émotionnelle...j'ai retrouvé l'envie et la force d'écrire...le désir de créer revient en moi, j'ai ressorti ma caméra et mes pinceaux...je médite et fait connaissance avec moi (quand le temps et les gars m'aident un peu).  Dans le fond...c'est peut-être ça boucler la boucle...c'est retourner à l'intérieur de soi pour y découvrir un trésor enfoui après avoir traversé un désert et frôler la mort...vous avez lu l'Alchimiste?
Peindre sur les murs...vous avez essayé ?

lundi 30 septembre 2013

L'héritage d'Ophélie : Vivre sa vie et non pas attendre sa mort

Une femme de cœur m'a expliqué hier que le temps s'accélère, que tout va si vite que nous ne ressentirions que 16 heures sur les 24 heures normalement prévues.  J'ai personnellement l'impression qu'elle a raison car je m'entend trop souvent m'exclamer : "déjà si tard?", "je manque de temps", "je n'y arriverai jamais" (ça c'était mon préféré à mon époque étudiante) ou encore souhaiter intérieurement que le temps ralentisse pour me permettre de prendre le temps.  Le temps est un concept intéressant, car il n'y a de réel que le moment présent, hier est terminé et demain n'est pas encore.  Le défi, selon moi, est de trouver l'équilibre encore les trois...sans perdre l'importance de ici et maintenant.  Ce qui demeure du passé sont les souvenirs que l'on porte avec soi dans le moment présent...et ce qui est utile du futur est ce que nous pouvons faire présentement pour se rendre plus loin.  Est-ce que c'est vraiment ce que je fais ? et vous ?
L'équilibre
On déménage dans deux semaines.  Évidemment nous sommes dans les boîtes par dessus la tête (c'est littéralement le cas).  Aussitôt que nous avons un temps libre, hop une boîte, une petite réparation, encore une boîte et une autre.  On en a plein des bras et la tête avec les tâches nécessaires du quotidien et les enfants qui se font un pur bonheur d'étaler les boîtes vides partout dans la maison, ou de vider celles que j'avais réussis à remplir, ou simplement de hurler en nous quémandant de l'attention...oups ils ont bien raison!  Depuis quelques semaines je m'y perd un peu.  Je réalise que je n'ai pas de temps pour moi, et pas suffisamment pour les gens que j'aime...Prendre le temps de m'asseoir et d'écrire est un défi ce matin alors que ma tête de cri d'aller faire des boîtes!  L'objectif n'est que cette case du calendrier identifiée : déménagement.  Où il est passé le moment présent ?  
En voilà un qui adore les boîtes!
Que ce soit un déménagement ou tout autre événement majeur à venir, c'est la même chose.  La future mariée qui pendant des mois ne planifie que son mariage en oubliant de vivre le bonheur d'aimer au moment présent dans la simplicité de la routine, la future maman qui ne vit que de préparatif pour l'arrivée du bébé en oubliant de s'asseoir pour sentir les subtils mouvements de bébé en elle, le ministère qui planifie la mise en place d'un nouveau programme en négligeant les lacunes et les impacts actuels sur la population du programmes en place, l'utopiste qui ne vit que pour le jour où tous les hommes vivrons d'amour et qui exprime difficilement ses émotions à ses proches au jour le jour, ou encore le rêveur qui rêve d'un monde meilleur en oubliant que tout débute par poser un geste personnel et concret dans son quotidien, ici et maintenant: je ne constate que le même piège d'oublier le moment présent et de ne vivre que pour l'arrivée de l'événement.  Pour ceux qui ont connu Ophélie...vous comprendrez que c'est exactement son héritage : vivre sa vie et non pas attendre sa mort !  Il suffit de généraliser cet apprentissage au petites et grandes choses du quotidien.

Voir la beauté de ce qui est et non pas ce qui aurait pu ou ce qui sera...voir la lumière illuminer mes deux garçons.
Comment y arriver?!  Vais-je reprendre mon vieil adage "je n'y arriverai jamais"...certainement pas puisqu'il s'est toujours avéré faux.  Je dirais qu'une piste intéressante est la pleine conscience...oooouuuu mais qu'est-ce que c'est cette expression ésotérique ? En fait, bien que cette pratique soit issue du Bouddhisme, elle a trouvé des applications notamment en thérapie cognitive, elle a fait l'objet d'un colloque du Service Québécois d'expertise en troubles graves du comportement et a inspiré plusieurs auteurs et chercheurs dans différents domaines.  En gros (très très très résumé), c'est de ramener son attention sur l'instant présent et d'être pleinement conscient de nos sensations, de leur évolution et de leur impact sur nos pensées et nos actions.  Ainsi je peux garder les souvenirs de mon passé (et qui font de moi celle que je suis aujourd'hui), être consciente de ce qui est important dans l'instant présent (autre que juste faire des boîtes car ça n'est pas ce qui fait ressortir les plus belles sensations en moi pour être honnête) et savoir dans quelle direction je regarde sans savoir où je me retrouverai, ainsi être présente et disponible pour ma famille si je veux vivre dans une société qui permet de prioriser les valeurs familiales.  Pour mieux comprendre, regardez les enfants : ils ont tout compris...ou pas encore oublié ! 
Le grand Secret...c'est l'Amour !

lundi 19 août 2013

Tout simplement

Je m'ennuie de ma fille ce soir...je voudrais tant la tenir dans mes bras...écouter sa respiration...sentir ses petits doigts se refermer sur les miens...m'endormir tendrement tout contre elle...tout doucement...tout simplement...je t'aime.

vendredi 9 août 2013

Bonne fête Ophélie, 3 ans d'amour

La fin de semaine dernière marquait la clôture de nos vacances, ainsi que notre séjour à Notre-Dame-des-Bois afin de souligner l’anniversaire d'Ophélie sous le ciel étoilé du Mont Mégantic.  Hé oui, il y a déjà 3 ans, le 5 août 2010, je donnais naissance à la plus belle des petites filles, sans savoir que c'est elle qui allait me faire évoluer sur le chemin de la vie.  Elle est arrivée rapidement, sans attendre l'arrivée du médecin, même pas encore née elle nous a fait comprendre qu'il fallait apprendre à s'adapter, accepter la vie comme elle venait et vivre le moment présent...elle est partie de la même façon...Oh que sa vie fut intense et pleinement vécue...Oh ce qu'elle peut me manquer ma cocotte.
Ce fut une très belle fin de semaine...comme si l'espace de ces quelques jours nous vivions en marge du temps et de l'espace.  Connecté à nous-même et vivant chaque instant...à l'image d'Ophélie.  Je vous partage ces images, qui ne peuvent malheureusement pas traduire l'ensemble de notre vécu, mais qui laisse l'entrevoir, ou le deviner...des moments que ma caméra bisée n'a pu capté (heureusement réparée à l'heure où j'écris ces lignes)...mais ainsi-va-la-vie ça m'a permis de regarder "autrement", d'explorer, de tenter de trouver l'effet "parfait"...

Notre charmante "maisonnette aux petits oiseaux", un voyage dans le temps instantané: parfaite, je suis tombée sous le charme dès le premier regard.
On arrive en après-midi, les enfant font la sieste, la température est idéale et, oh surprise, on a du vin avec nous...chin chin. C'est en savourant pleinement ma première gorgée que j'ai levé les yeux et vu cette inscription: Prendre le temps d'aimer...voilà qui confirme qu'on est exactement au bon endroit, exactement au bon moment.

Dans cette ambiance quasi-parfaite, comment aurais-je pu refuser de faire un massage à David?...d'autant plus que sa douleur à l'omoplate et son inconfort (pour ne pas dire ses plaintes répétées et son irritabilité d'homme qui a mal) étaient les seuls obstacles à la perfection du moment.  Mes douces mains, de l'huile d'olive et un talent caché (j'ai manqué ma vocation!) ont eu raison de son inconfort...et un doux sourire dans un visage détendu est revenu à mes côtés...bonheur.  J'ai donc laissé l'homme heureux dormir sur le plancher (hé oui il s'est endormi) et suis allé rejoindre les enfants à l'étage pour faire la sieste avec eux...bonheur. 

C'est donc reposés, tous les quatre, que nous nous sommes dirigé vers le gite principal pour notre souper gastronomique.  Je ne trouve pas les mots pour vous exprimer le bonheur pur qui se dégage de mes papilles à chaque bouchée...délicieux...un repas de dieux avec des produits frais d'ici, préparé par une cuisinière tellement sympathique et servi par son tout aussi sympathique amoureux...dans un environnement paradisiaque...en toute simplicité.

Entrée: tartare de magret de canard aux pommes et à l'huile de noix
Repas principal: filet de truite au miso damari et sirop d’érable, croquant de légumes à l’asiatique
Dessert: sorbet aux camerises, crème brûlée au sirop d’érable et fleur de Mélilot, biscotti maison 

Pendant ce temps...Adam à son meilleur s'assure qu'on ne perde pas de vue l'instant présent et c'est à son grand bonheur qu'il a pu être libéré de la chaise haute pour courir sur l'immense balcon...et à notre plus grande joie (et soulagement) que nous avons appris qu'une barrière pouvait être abaissée devant l'escalier...aaahh court Adam, tant que tu en as envie.

Le terrain de jeu de Jacob pendant notre repas (wow), avec un ami en prime puisque le fils des propriétaires a le même âge que lui.  Ils ont couru, joués avec les poules, inventés des scénarios, et milles autres activités que seuls les enfants ont le privilèges de connaitre.  Un grand garçon heureux.
Pendant ce temps, on prend un verre de rouge et fait le plein de soleil, qui se couche à l'horizon sur la montagne.  Tout semble magique et amplifié dans ce lieu...prendre le temps de tout arrêter...respirer...


Retour à la réalité, Adam a adoré le sorbet aux camerises (avec raison, j'en ai acheté un plein sac) et Jacob trouve très drôle son petit frère devenu vampire.  Voici donc notre moment rush de la fin de semaine: on lave le bébé, dit merci pour le repas, souhaite bonne nuit aux poules et "à demain" aux proprio et leur fils, vite vite à notre maisonnette pour s'habiller chaudement et ramasser le nécessaire et les manteaux pour notre nuit sous les étoiles, sans oublier le gâteau et les chandelles.  C'est parti.
C'est durant le petit 10 minutes d'auto qui nous sépare de l'astrolab que la pluie a commencée a tomber...et puis soudain tout s'emballe: on pensait devoir être là pour 8h, c'est à 9h, on a 45 minutes à attendre, Jacob décide de ne plus écouter, on doit le retirer dans la voiture, je suis sous la pluie avec un Adam qui n'apprécie pas devoir demeurer dans sa poussette, puis à l'intérieur il ne fait que chigner, grimper, tomber, courir dans tous les sens...et si on ne voyait pas d'étoile ? c'est exactement à ce moment que j'ai ressenti un peu d'angoisse...puis j'ai retrouvé mon calme...les enfants aussi...la pluie a cessée...la nuit est tombée...le ciel s'est dégagé...les étoiles sont apparues, puis la voie lactée...merci.

Après avoir observé Saturne, puis la galaxie d'Andromède, une étoile double, plusieurs étoiles filantes...la presque totalité du groupe est retourné à l'intérieur pour la présentation.  Nous sommes demeuré à l'extérieur un peu, Adam dormait, Jacob somnolait...et puis le moment parfait est venu, les enfants se sont réveillé et c'est sous la voie lactée que nous avons chanté le traditionnel chant de "bonne fête" avant de manger ce délicieux gâteau.  Bonne fête ma belle, 3 ans.  Tu es la plus belle des étoiles.
Le chocolat a du faire son effet car une petite période d'éveil a suivi...rien d'extravagant, même Adam n'avait aucune envie de sortir du confort de sa poussette !  On s'est promené, on est entré dans le bâtiment regarder l'exposition, j'ai profité du moment pour donner pleins de bisous à mes amours...je les aime tellement fort mes trois amours...il n'y a rien de comparable à l'amour d'une mère pour ses enfants...sauf peut-être l'amour d'un père, évidemment.

Jacob a profité de sa nuit à l'astrolab pour en apprendre davantage sur l'astronomie et c'est en jouant aux ballons que nous avons recréé notre système solaire...et nous l'avons même mit en mouvement, vous auriez bien rit nous voir tourner sur nous même, ballon à la main, en expliquant le mouvement des planètes et des lunes sur elles-mêmes et autour du soleil...et tout ça autour d'un soleil-Jacob bien trop endormi pour comprendre quoi que ce soit ! J'ai adoré! Et puis c'est le cœur léger et les yeux fatigués que nous sommes tous allé nous coucher...bonne nuit Ophélie.
Après un déjeuné tout aussi délicieux que notre souper de la veille, nous avons passé une journée superbe.  Puisque le ciel était majoritairement gris et pluvieux nous avons additionné bains moussants à la lavande, siestes, et divers jeux de société.  Petite omelette aux œufs frais pour dîner et un bon spaghetti maison avec la sauce de mamie (la meilleure) pour souper...je me me souviens pas m'être reposé autant.  On ne prend tellement pas le temps de s'arrêter complètement dans notre quotidien.  Pourquoi attendre d'être en vacances pour prendre le temps de vivre...ne vit-on que quelques semaines par années ?...ou devrions-nous vivre à chaque seconde de notre quotidien ?
Se glisser sous les couvertures, se détendre doucement l'espace d'une longue expiration...aahhh les siestes étaient vraiment agréables.  C'est spécial de penser qu'à l'époque tous les membres de la famille dormaient dans la même pièce, et même encore aujourd'hui dans certains pays ou dans certains familles plus défavorisées, ou même dans certaines familles par soucis d'espace ou par choix..comme nous l'avons fait avec Ophélie.  Je dois dire que je n'ai pas détesté l'expérience, entendre mes enfants respirer est un des sons que je préfère, mais ça m'a fait réaliser et apprécier l'intimité de ma chambre, on prend parfois certaines choses pour acquis dans nos habitudes de vie.
J'ai tellement apprécié ne rien faire...en réalité ça n'est pas tout à fait vrai que je n'ai rien fait.  En effet j'ai notamment dû sortir en panique de ma sieste d'après-midi, en entendant Jacob pleurer dehors (alors qu'il devait être lui aussi en train de dormir dans le lit à côté) et c'est en courant dans la boue, en pied de bas, que j'ai trouvé un Jacob désemparé, panier à la main et suivant cinq poules en fugue qui montaient le petit chemin vers le gite principal.  Pour vous mettre en contexte, l'activité préférée de Jacob a sans aucun doute été d'aller chercher les œufs frais dans les deux poulaillers du B&B, mais il avait compris qu'elles pondaient chaque fois qu'on dormait, même pendant une sieste...alors aussitôt réveillé il est descendu, a enfilé ses souliers, pris son petit panier et direction les poules.  Il n'avait pas prévu qu'une poule ça peut être rapide...et elles sont sorti quand il a ouvert la porte...il était paniqué, pauvre garçon, et tentait de les rattraper, ce qui en fait les faisait s'éloigner encore davantage.  J'ai finalement réussi à toutes les ramener au bon endroit, et j'avoue avoir presque regretté de ne pas avoir ma caméra ou mon téléphone pour prendre des photos et des vidéos: la chasse aux poules c'est une activité plutôt drôle !  Bon, on a quand même clarifié avec Jacob certains points, tels que ne pas sortir sans nous aviser...mais tout est bien qui fini bien...et cette aventure me fait encore sourire.
Fin de semaine de repos, d'étoiles, de fête, d'amour et de petits et grands bonheurs.  Le défi maintenant est d'arriver à garder ces bonnes habitudes dans le quotidien.  Je m'améliore de jour en jour...je trouve mon rythme et je suis très fière d'avoir eu le courage de modifier des éléments significatifs dans ma vie, je m'écoute davantage et plus je le fais, mieux je me connais et me comprend...l'héritage d'Ophélie grandi tranquillement mais surement, et me redonne confiance en la femme que je suis, sous tous ses angles.  C'est agréable...et contagieux.  Il suffi de faire le premier pas, puis le second, simplement...et de prendre son envol...comme les poules qui courent vers la liberté !

mardi 16 juillet 2013

16 mois et 7 jours...et 8 jours...le temps, encore le temps, toujours le temps

Le temps me manque pour écrire...je le garde précieusement, égoïstement, pour Vivre. 
Vivre, Respirer, Sentir, Aimer
Hier, le 15 juillet, Adam a eu 16 mois et 7 jours...le même âge qu'Ophélie lorsqu'elle s'est envolée.  Ça m'a troublé...juste assez pour me tenir éveillée un peu trop longtemps durant la nuit...et puis le soleil s'est levé.  Aujourd'hui, Adam a 16 mois et 8 jours...est encore avec nous, plus heureux et intrépide que jamais.  
Toujours plus haut...toujours plus loin
Il va au bout de ses rêves
Le temps est doux avec mon grand.  Il est toujours aussi coquin et adorable.  Sur son calendrier on peut voir les collants qui lui indique ses occupations de l'été, incluant la fête de sa cocotte d'amour dont il parle encore fréquemment avec beaucoup d'amour (et d'ennui).  On voit aussi quand il va commencer l'école...déjà: si petit et si grand tout à la fois.  Il se défini, il me confronte, il me fascine...je l'aime d'un amour si fort...je l'aime dur comme une noix de coco, dirait-il !  Il réussit à trouver comment ajouter du temps au temps, et il me découvre de l'énergie là ou je croyais qu'il n'y en avait plus du tout !...c'est l'été il en profite, il bouge, il chante, il joue, il court, il nage et il rit !
Jacob est le roi de la natation, un vrai poisson-clown
Il vieillit bien ce sourire charmeur
Le temps passe...et pourtant elle est toujours aussi présente...dans un regard, un sourire, une fleur ou une douce brise.  Le temps passe, et moi, je ralenti...enfin...je prend le temps. 
Je cours...accomplissement, plaisir, fierté, contrôle, estime, liberté
Je médite...paix, calme, contrôle, plaisir, apaisement, estime, liberté
À bientôt...je reviendrai...


PS: Notre maison est encore à vendre...on est vraiment motivé...vraiment...on a trouvé LA maison...je m'étais dit que je ne ferais pas de pub sur ce blog..mais ma mère de disait "aide toi et le ciel t'aidera" ! Voilà maman je t'ai écouté et je donne un petit coup de pouce au ciel...ok univers c'est ton tour maintenant !
Maison à St-Jean-sur-Richelieu, la campagne à quelques minutes du centre-ville...une aubaine