Mon étoile

Mon étoile
Ophélie

mardi 19 mars 2013

Tic tac tic tac...16 mois et 7 jours.

Aujourd'hui...mardi le 19 mars 2013, ça fait exactement 16 mois et 7 jours qu'Ophélie est décédée...soit l'équivalent de sa durée de vie.  Excluant les semaines de grossesse, nous avons maintenant passé autant de temps avec elle que sans elle...étrange le temps.  Vous avez fait quoi des derniers 16 mois et 7 jours ?  Et les 16 mois et 7 jours précédents ?  Vous trouvez que le temps a passé rapidement ou qu'il semble s'être étiré tout doucement?  Ça parait si peu 16 mois et 7 jours...et pourtant c'est la durée d'une vie qui fut intense et riche en émotions...c'est la durée totale de sa vie.  Une si petite vie qui a causé tant de mouvement...tant d'amour.  Ce n'est pas rien 16 mois et 7 jours, en réalité pour elle ce fut tout...et pour moi ce fut l'éternité et le néant en même temps.  Un big bang dans mon cœur...un renouveau.  Une petite étincelle d'amour qui s'est transformée en étoile filante parcourant l'univers.
Ophélie 16 mois et 5 jours, une des dernière photo prise d'elle.
Pour la première fois depuis la mort de sa petite sœur, Jacob a pleuré...pour vrai, avec son cœur.  Des larmes ont coulés sur ses joues.  J'ai vu ses yeux se remplir de tristesse.  Mon fils a nommé sa peine.  C'est d'une toute petite voix qu'il m'a dit que cocotte était parti trop vite et qu'elle avait pas eu le temps de jouer avec lui.  Il m'a dit qu'il voulait pas qu'elle soit partie dans les étoiles tout de suite.  Qu'il voulait qu'elle devienne une grande sœur.  Qu'elle joue avec lui.  Qu'il n'avait pas eu le temps.  Qu'il lui avait juste lu une histoire. (...) Je n'ai pas su quoi répondre, je l'ai donc écouté en lui flattant doucement les cheveux.  Je l'ai écouté avec mon cœur et nous avons pleuré doucement ensemble.  Je ne pouvais qu'être d'accord avec lui: j'aurais aussi aimé qu'elle reste avec nous et devienne grande.  
Une maman a beaucoup de pouvoirs, mais pas celui de manipuler le temps et la maladie.  Par contre, une maman a le pouvoir d'aimer.  J'ai discuté avec lui de la mort, puis de la vie.  J'ai partagé avec lui ce que je sais et ce que je crois: j'ai parlé de corps et d'incinération, j'ai parlé d'âme et d'amour, j'ai parlé de poussière d'étoile et de sa présence en nous, j'ai parlé de son amour, d'une partie d'elle que je crois avec nous et qui nous "entend" (mais pas pour vrai avec des oreilles, évidemment)...et je lui ai dit qu'il pouvait lui parler s'il en avait envie et si ça lui faisait du bien: il lui a dit: "je veux pas que tu partes, je veux que tu joues avec moi et que tu deviennes grande".  Impuissante je l'ai pris dans mes bras.  Je lui ai demandé, selon lui, ce que cocotte lui dirait...il m'a ramené a l'ordre sur le fait qu'elle ne pouvait pas parler (évidemment).  Lorsque j'ai exprimé que selon moi, le "cœur" d’Ophélie lui dit qu'elle l'aime...il a fait un sourire d'un air heureux, puis a serré très fort son toutou d'Ophélie et s'est endormi en écoutant sa chanson.
Ouf.  Ophélie ma belle petite fille tu me manques tout en étant omniprésente.  16 mois et 7 jours...tic tac tic tac...j'ai maintenant passé plus de temps sans toi qu'avec toi.  Et pourtant.  Parfois je me demande si tu n'as pas toujours été là...et si tu ne le seras pas toujours.  Tu es l'amour.  Tu es la vie.  Tu es ma fille.  Je suis ta mère et toujours je porterai la vie et l'amour sur mon chemin.  Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai.
Un beau souvenir, un moment d'amour et de vie à l'état pur !
Lorsque David a terminé la lecture de ce texte, il m'a dit qu'il le trouvait juste, beau et triste.  J'ai alors tenté d'alléger mon texte, d'y ajouter des éléments de joie, des réflexions sur la notion du temps et la société...puis je suis revenu à la version originale.  C'est correct d'être triste et ça m'empêche pas d'être heureux...comme la mort, ça fait partie de la vie.  Rassurez-vous c'est avec un sourire radieux que Jacob s'est réveillé le lendemain matin...ainsi-soit-il!

lundi 11 mars 2013

Un diagnostic...et alors ?

Je vous présente mon fils, Jacob, il a 4 ans et demi.  C'est un charmant blondinet aux yeux bleus taquins.  Curieux et affectueux, il adore jouer...il raffole des amis, même si parfois partager n'est pas aisé.  Un petit caméléon qui s'adapte à toutes les situations et à tous les styles de personnes...c'est un vrai petit singe, qui apprend tranquillement que tout n'est pas digne d'être imité.  Farceur et clown...avoir de l'attention est certes apprécié chez Jacob et il a beaucoup d'imagination pour arriver a ses fins...et de la persévérance, croyez-moi.  La patience, cependant, n'est pas sa qualité première...compensée par de magnifiques fossettes qui séduisent à coup sur.  Jacob a la facilité de jongler avec son imaginaire et à inventer milles scénarios d'une situation.  Facilement motivé et intéressé par tout ce qui lui est présenté, il a une très bonne mémoire...même quand on aurait préféré qu'il oubli !   Doté d'un raisonnement surprenant, il a une compréhension de la vie dont beaucoup d'adultes pourrait s'inspirer.  Actif, une petite boule d'énergie, ne voulant rien manquer et tout faire à la fois...c'est un bambin attachant et aimant.  
Jacob a une relation particulière avec son cerveau...il en parle comme d'une entité distincte de lui-même, c'est charmant et troublant à la fois.  Son cerveau lui dicte des actions à faire, particulièrement si ce n'est pas tout à fait permis: "c'est pas moi, c'est mon cerveau"...son cerveau lui dit plein de choses, comme :"maman-maman-maman-maman..."...et Jacob nous explique :"il y a plein d'énergie dans mon cerveau...c'est comme ça".  Il faut dire que Jacob a entendu parler du cerveau assez tôt dans sa vie...par le biais de celui de sa sœur.."son cerveau à elle, dans sa tête, il était brisé et on ne pouvait pas le réparer".  Il sait que le cerveau est très important.  Jacob a donc ses caractéristiques propres qui le définissent comme enfant, et il a également son expérience de vie...qui est riche en événements marquants.  Jacob a vécu des choses que peu de ses amis de la garderie ont vécu, et en peu de temps.  Il cherche du mieux qu'il le peut son chemin au travers cette vie, essayant de comprendre l'instabilité émotionnelle de ses parents qui l'adore.  Il tente de comprendre les mystères de la vie :"qui c'est le bébé qui va venir quand Adam va mourir" et est rassuré par notre ouverture à lui expliquer la vérité...du moins celle que l'on connait: "le cerveau de Adam va bien, il n'est pas brisé.  Adam va grandir et rester avec nous."
Adam a eu un 1an...sous le regard attentionné de son grand frère, toujours prêt à l'aider à manger du gâteau au chocolat.
Jacob est le même aujourd'hui qu'il était avant Ophélie...mais il est impossible de vivre cette aventure sans en être touché, d'une façon ou d'une autre.  Jacob vit aujourd'hui la même chose que nous: il doit apprendre à vivre dans la société telle qu'elle est, tout en tentant de rester soi-même.  Jacob a peut-être un diagnostic de trouble de l'attention avec hyperactivité, communément nommé TDAH...ou peut-être quelques symptômes extra d'anxiété...vous êtes surpris? pas nous.  Il est le même aujourd'hui qu'il l'était avant qu'on nomme ces diagnostics, et que ça se confirme ou non il demeurera le Jacob qu'on adore.  On connait Jacob, ça ne change pas qui il est, ça ne fait que nous donner une nouvelle lunette pour mieux le comprendre et ainsi mieux l'aider.  Le TDAH est un ensemble de symptômes précis dans trois sphères (attention, hyperactivité, impulsivité), qui résultent de caractéristiques neurologiques précises, parfois certains symptômes d'anxiété ou de dépression chez l'enfant peuvent s'y apparenter...bref, il y a bel et bien quelque chose de spécial dans son cerveau, il était temps qu'on l'écoute ! 
Un diagnostic de TDAH n'est pas ce qui caractérise un enfant, il ne se limite pas à ces 4 lettres, c'est une fraction de l'enfant qu'il est, et un multiplicateur des possibilités qui s'offrent à lui pour l'aider.  C'est une piste pour prévenir le mieux possible les échecs sociaux et scolaires, en mettant dès le départ des bases que l'on va tenter de faire solides...en étant très conscients que tout le monde vit des échecs dans la vie.  Bref rien de bien différent de ce que l'on ferait pour n'importe quel enfant qui entre à la maternelle.  Un diagnostic...et alors ?  Et bien, ça change pas grand chose et ouvre de nouvelles fenêtre, tout à la fois.  Après une petite révolte contre la vie sur "les cerveaux" de mes enfants...je retrouve mes sens...Jacob est tel qu'il est, ainsi-soit-il.  J'ai accepté et présenté Ophélie telle qu'elle était pendant toute sa vie et j'ai bien l'intention de faire la même chose avec Jacob et Adam.  Je ne dis pas que ça vient faciliter les choses, au contraire, je sais que j'ai un monde de fausses perceptions à changer, mais au moins j'ai des pistes.  J'ai des outils en poche pour présenter mon fils sous toutes ses coutures et m'assurer que 4 petites lettres, si confirmées, ne teintent pas le regard des gens sur lui...pour m'assurer que tous et chacun voit le petit blondinet aux yeux bleus taquin...mon grand garçon d'amour qui me rend si fière d'être sa maman.
Je t'aime mon cœur.

dimanche 3 mars 2013

J'ai fais un rêve

J'ai fait un rêve.  Un rêve merveilleux.  J'ai rêvé que j'avais une fille, une magnifique petite fille toute rose...toute ronde.  Ses grands yeux bleus brillaient comme qu'ils détenaient tous les secrets de l'univers.  Sa peau était légèrement rude et fraiche...suffisamment pour attendrir tous les baisers passionnés que l'on pouvait y déposer.  Elle avait de toutes petites mains trapues avec lesquelles elle se frottait le nez de temps à autre...et ses joues étaient suffisamment dodues pour ajouter du confort à tous les câlins qu'elle recevait.  Elle avait de tout petits pieds accrochés à de belles grosses jambes bien en chair....et tellement de plis que j'ai arrêté de les compter.  Cette petite fille à la bouche en cœur s’appelait Ophélie...et c'était le plus beau des rêves.
Parfois (lire souvent) j'ai l'impression qu'elle n'était qu'un rêve et que ce rêve s'effiloche trop rapidement dans ma tête...comme lorsqu'on se réveille le matin et qu'on tente de retourner dans son rêve car on s'y sentait merveilleusement bien.  Puis rendu au midi, on a du mal à se souvenir des détails de ce rêve et on se rappelle de moins en moins...sauf qu'on se sentait tellement bien.  C'est ainsi que je peux me sentir, et je ne veux pas arriver à midi et que ma journée avance.  Me questionnant sur ma propre santé mentale, j'ai pris mon courage à deux mains et en souhaitant qu'il ne m'interne pas sur le champs, j'en ai parlé avec David...soulagement je ne suis pas seule (donc pas complètement folle) : il a la même sensation.  C'est rassurant, mais tout aussi affolant.  Plus la vie avance, moins Ophélie est présente...et je dois m'adapter.  Comme si à chaque étape je replonge dans ce rêve merveilleux et me demande si je peux y retourner...puis je ne sais même plus si je suis en train de tout imaginer...Dite-moi qu'elle a vécue, que je l'ai réellement portée, que je lui ai donnée la vie, nourrie, bercée, serrée dans mes bras, embrassée et que je l'ai aimé jusqu'à sa mort.  Dite-moi que je ne suis pas la seule à me souvenir, dite-moi que le rêve ne continuera pas de s'estomper...dite-moi que j'y rêverai encore demain...dite-moi que je suis encore un peu saine d'esprit.
Alors que j'avais écrit ces deux paragraphes sans leur trouver de dénouement...outre mon questionnement à savoir si je suis à la frontière de la psychose, à confondre la réalité et les rêves tout en aspirant à un monde utopique qui se crée de jour en jour dans ma tête.  Bref sans une fin m'apportant un certain apaisement, ce texte ne devait pas être publié...et puis quelque chose de magique s'est produit.  J'étais confortablement collé-collé sur le divan avec Jacob, regardant un magnifique court métrage rempli d'étoiles, lorsque je lui ai demandé : 
à voir et revoir...très beau...très doux court métrage de Pixar : La luna.
 (moi) "tu te souviens de ta petite sœur"
(Jacob) "ben oui c'est cocotte d'amour"
(moi) "et tu te souviens de comment elle était?"
(Jacob)  "...elle était pour de vrai"

Elle était pour de vrai!...alors maintenant milles scénarios sont possibles...il sait lire et s'est faufilé dans mon ordinateur pour lire mon texte inachevé de la journée...ou...il est télépathe...ou...Ophélie lui a chuchoté la bonne réponse à oreille...ou...je me pose beaucoup trop de questions et elle était tout simplement : pour de vrai.  Encore une fois...merci Jacob pour cette leçon de vie.
Vrai ! tout simplement.  Apprenons de nos enfants.

jeudi 24 janvier 2013

"Passionnante" routine et mot-phare

Durant plus d'un an et demie j'ai écris mon quotidien, j'ai partagé avec vous tous...amis et inconnus...mes réflexions, mes émotions et les images de ma vie.  Par mes mots j'ai contribué à laisser une trace de la vie de ma fille, et je l'espère, de marquer le cœur des gens qui ont eu la chance de la croiser virtuellement ou en chair et en os...surtout en chair !...Depuis plusieurs semaine je n'y arrive plus, malgré une pulsion qui me ramène constamment devant mon clavier...même phénomène pour ma caméra qui attend avec solitude le moment de capter l'instant présent.  Je me sens parfois décalée dans le temps...comme si j'étais une spectatrice plutôt qu'une actrice dans ma propre vie...les mots sont confus...les réflexions sont longues à venir et les distractions nombreuses... 
Mon téléphone, plus rapide et facile d'accès, compense parfois ce besoin de capter l'instant.  Mais la vie va tellement vite...comme Jacob...et je n'arrive pas toujours à être synchronisée.
Je suis donc de retour au travail à temps plein, et encore en constante dissonance entre ma vision de la vie et ce qu'elle semble m'imposer (à moi et le reste de la planète), en recherche de temps et d'énergie dans ces horaires insensés...je suis fatiguée et sensible...je suis en admiration devant ces parents qui y arrivent et en adoration devant ces familles monoparentales qui s'en sortent indemnes.  J'ai la chance d'avoir des collègues compréhensives (la majorité de femmes l'emporte) qui semblent parfois s'amuser de mes grandes théories sur la vie, tolérer mes petits emportements émotifs sur certaines situations qui me touche davantage et rire avec moi de mes petites lacunes cognitives (temporaires je l'espère).  À la maison, c'est la routine "habituelle" des parents qui travaillent...bref on court et on cherche du temps de qualité pour autre chose que le pratico-pratique du train-train quotidien: passionnant.  Heureusement que nous sommes deux...deux un peu affaiblis c'est tout de même mieux que seule avec ses angoisses...David a ses défis, j'ai les miens, Jacob ne donne pas sa place et Adam s'organise pour ne pas être oublié!
Commence à faire quelques pas, fait le poisson (ainsi que tout ce que Jacob peut lui montrer comme grimace) et dit "papa" au très grand bonheur de David.
Adorable et plein de surprises.  Sa nouvelle idée : il veut que papa mette une graine dans mon ventre qu'elle grandisse et se transforme pour avoir une autre petite sœur car la sienne est dans les étoiles alors il ne peut pas jouer avec elle...triste et mignon tout à la fois.
Et le couple dans tout ça...on tente de prendre le temps, on sait que s'aimer n'est pas nécessairement suffisant pour que le quotidien soit à la hauteur de notre attachement...mais je sais que ça ira. xxx
Je n'avais pas choisi de mot-phare pour guider mon année 2013...et comme mieux vaut tard que jamais, je crois que ÉQUILIBRE serait approprié.  Durant les dernières années j'ai eu beaucoup de prises de conscience (que vous avez peut-être lues au travers mes textes), j'ai investie tout ce que je pouvais et plus encore dans mon rôle de maman, négligeant les autres aspects de ma vie.  Je sais davantage ce que je veux, ce que je souhaite prioriser dans mon cœur et dans ma tête...mais je constate maintenant la difficulté d'actualiser le tout.  Je veux poser des actions concrètes qui vont dans le sens de mes croyances et valeurs de vie...et je suis face à une société qui n'est pas tout à fait bâtie comme telle...ou peut-être que mes choix doivent être requestionnés d'un autre angle.  Bref je cherche l'équilibre dans ma vie, l'équilibre entre mon cœur et ma tête, l'équilibre dans le quotidien, l'équilibre entre la vie professionnelle, personnelle et familiale, l'équilibre entre l'agenda et la spontanéité de vivre...l'équilibre dans mon corps...je veux arriver à méditer sur un fil de fer!  Première étape, pour le corps et l'esprit, le kundalini yoga et la course sont de retour dans ma vie et sont des éléments essentiels à mon équilibre...reprendre le contrôle de mon corps et de mon esprit, c'est un incontournable pour moi...
Petit aveu...un élément difficile dans le deuil de ma cocotte est de ne pas pouvoir avoir une photo de nous 5 dans le même cadre...parfois c'est comme si elle n'avait été qu'un rêve, un souffle chaud à peine perceptible mais qui te réchauffe le corps en entier...
Est-ce que je vais bien ? bof.  Est-ce que le quotidien est difficile...définitivement.  Est-ce que j'ai de beaux moments de bonheur...tout à fait et en voici quelques uns qu'il me fait plaisir de partager. 

Du bon temps avec de merveilleuses amies...qui m'ont apporté beaucoup plus qu'elles ne le pense durant ces 5 dernières années. 
Mon grand Jacob qui ne manque pas d'énergie sait nous surprendre par ses réflexions et ses mimiques...parfois anxieux, mais facilement rieur !
Un fou rire, un câlin...bébé bonheur porte bien son nom.
Un souper en famille avec chef à domicile...quelle belle expérience et quelle fabuleuse soirée !
Une visite toujours autant apprécié à "notre" musée du train, cette fois en compagnie de mes nièces adorée...tatie se gâte en petites filles...elles sont belles, coquines, curieuses et délicieusement coquettes et rebelles tout à la fois!

mardi 1 janvier 2013

Bilan et Bonne année !


Depuis quelques jours mes doigts frémissent d'impatience pour s'activer sur le clavier...mais rien ne vient.  L'influx électrique qui devrait venir du cerveau n'est pas émis...l'inspiration qui devrait venir du cœur se fait discrète...Est-ce que c'est la fatigue accumulée des derniers mois additionnée aux très nombreux soupers et party des fêtes ? Est-ce que j'ai dit tout ce que j'avais à dire? Est-ce que le temps a eu raison de moi et mes simples troubles de mémoire et d'organisation mentale ont pris de l'ampleur?  Est-ce que mon ennui grandissante pour ma fille prend une ampleur telle qu'elle me maintien dans le passé et m'empêche d'être à l'écoute du présent?...Est-ce que c'est un peu de tout ça mélangé, en plus d'un "léger" manque de temps et de "quelques" interruptions par mes garçons adorés (mais demandant)...aaahhh je savais que j'avais besoin d'écrire, je me sens déjà mieux.   
Je ne peux pas m'empêcher de mettre une photo d'elle...elle me manque ma cocotte d'amour.  Comme je voudrais que le passé soit présent.
J'étais un peu perdue dans mon brouillard mental, lisant autour de moi bilans de l'année 2012 et souhaits pour 2013...déjà un peu en questionnement continuel sur le sens de la société, de la vie, je ne savais pas trop comment me positionner.  Pourquoi ces souhaits d'amour et de santé seulement une fois par année ? Ne devrait-on pas le souhaiter tous les jours?  Ne serait-il pas bénéfique de faire de même avec notre bilan...chaque soir ou chaque matin...ou à chaque instant se questionner si on est au bon endroit et dans un état qui nous est agréable ?...Je peux affirmer que le hamster dans ma tête a mérité ses rations sucrées supplémentaires des fêtes!  Je me sentais donc légèrement impuissante face à la vie (ça n'est jamais bon quand ça arrive) lorsque deux choses se sont succédées.  Hier soir, David et moi avons visionné la communauté de l'anneau (encore)...quoi que je l'ai entendu mainte et mainte fois une phrase de Gandalf m'est restée en tête : "Tout ce que nous avons à décider, c'est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti."...et puis aujourd'hui la "magie" de facebook a fait son œuvre.  De partage en partage, l'inspiration créatrice d'une personne inconnue est arrivée jusqu'à moi par le biais d'une amie...et la lumière est revenue: nous avons la liberté de choisir...même si parfois les choix disponibles nous semblent limités.  L'important, selon moi, est de vivre le moment présent et de savoir l'apprécier...n'est-ce pas ce que j’apprends à faire depuis l'arrivée d'Ophélie dans ma vie? 

Dans le fond, peut-être que faire notre bilan c'est se souvenir des choix que nous avons fait, des gens que nous avons rencontrés, des actions que nous avons posés.  Faire notre bilan c'est constater où nous sommes dans le moment présent, à l'aube d'une nouvelle année.  Faire notre bilan c'est peut-être de faire la paix avec soi-même, accepter les routes que nous avons décidé d'emprunter et se remémorer la raison pour laquelle on choisi d'avancer.  J'aime l'idée du vase...c'est une belle façon d'illustrer, de concrétiser le moment présent.  Pour faire cette simple action, on doit être conscient du moment, s'arrêter pour prendre le temps de l'écrire, puis le partager avec des gens qui nous sont chers...j'aime.  Cette année je nous souhaite que nos vases soient remplis de beaux moments, de belles pensées, de baisers volés, de moments partagés et de rires ressentis.  Bonne année 2013 !
Ça c'est du moment présent qui goûte bon !
...et un autre moment présent, un peu moins sucré, mais tout aussi délicieux !

lundi 17 décembre 2012

Grand frère un jour, grand frère toujours

"Maman, maman j'ai trouvé cocotte !!"  s'écrit un Jacob joyeux.  Quelle est cette nouvelle ruse pour ne pas se coucher ?...je décide néanmoins de me rendre sur place, dans sa chambre, et voilà mon grand tenant fièrement une petite étoile métallique dans sa main : "maman, maman j'ai trouvé cocotte...elle est tombée du ciel...je suis chanceux moi, je vais faire dodo avec elle !"
Il l'a déposé doucement sur sa table de chevet...
Mignon...touchant...et pourtant Jacob sait maintenant qu'on "fait semblant" que cocotte est dans les étoiles, car ça nous fait du bien de le penser, qu'elle n'est pas là pour vrai avec son corps...c'est son amour et les souvenirs qui le sont.  Hé oui notre grand de 4 ans a eu droit à un nouveau livre sur la vie de sa sœur, la suite du tome 1, le temps était venu de répondre à ses questions de grand.  Jacob vivait depuis quelque temps beaucoup d'anxiété, c'était du moins ma lecture de maman.  C'était très difficile avec lui à la maison et nous devions faire quelque chose pour l'aider...il n'était pas bien : je le sentais dans mon cœur. 
Nous sommes donc allé valider son besoin auprès de gens spécialisés et objectifs (deuil-jeunesse), puis j'ai composé un tome 2, pour sa compréhension de 4 ans, relatant toute la séquence des événements depuis la maladie d'Ophélie, la nuit de son décès, ce qui est arrivé, qui étaient les deux monsieur ambulanciers et où ils ont amené cocotte, ce que veut dire mourir pour le corps, le salon funéraire, la crémation et l'urne...hé oui j'ai parlé de crémation à mon fils de 4 ans, je lui ai expliqué comment le corps de sa sœur, une fois mort, a été transformé en une sorte de poussière et mit dans une urne.  Sa première réaction a été incertaine...puis lorsqu'il a pris l'urne dans ses bras, il a affiché un énorme sourire et l'a serré très fort contre lui...j'ai alors senti son bonheur de "retrouver sa sœur": elle n'était pas toute seule perdue dans les étoiles...elle était morte et la poussière de son corps était ici.  Vous savez ce qu'il a dit ? "oh elle est pesante...elle a grandit (voulant dire grossit)"...bon le concept n'est pas tout à fait intégré, mais on ressentait son soulagement et son bien-être...et c'est le plus important.  Pour l'instant il semble confortable avec les mises à jour...il est capable de l'expliquer.  On fera évoluer nos réponses en même temps que se développeront ses questions...j'aurai certainement d'autres éléments à ajouter dans le tome 3, à ses 5 ans, car le deuil chez les enfants c'est une constante évolution...un "work in progress".
 Depuis cette lecture, je le trouve plus posé, moins anxieux...c'est encore un garçon de 4 ans qui n'a pas toujours envie d'écouter les consignes, mais ça demeure dans le domaine du "on va faire de notre mieux comme tous les autres parents d'enfant de 4 ans".  J'ignore si cette amélioration est le résultat de seulement notre intervention ou combinée à notre "arme secrète", mais Jacob va bien et c'est parfait ainsi.  Notre "arme secrète" ?...le lutin-coquin du père noël nous aide beaucoup dans la gestion des comportements, apportant chocolat et cadeaux lorsque Jacob est gentil (je sais, j'abuse de la magie de noël...mais ça fonctionne !!!).  Le seul problème est de trouver comment justifier que le lutin puisse rester après noël...vous pensez que le lapin de pâques commencerait sa tournée en janvier ? hihi.        
Jacob et lutin-coquin, joueur de tour et spécialiste en système de renforcement
c'est un texte sur Jacob, mais pour le simple plaisir de vos yeux...Adam le lutin !

mardi 11 décembre 2012

12-12-12 journée de vie et d'amour


Le 12 décembre...Ce n'est qu'une date...je sais...et pourtant elle résonne en moi.  Une vibration temporelle qui allume mes sens et m'atteint en plein cœur.  Je me sens vibrer...je me sens vivre.  Le 12 décembre marque le décès de ma petite fille, Ophélie, mais c'est de vie dont j'ai envie d'écrire.  J'ai envie que tous et chacun ressentent au fond d'eux-même la vie qui les fait vibrer, que tout le monde se lèvent pour saluer le soleil, que tous prennent conscience de la beauté qui nous entoure et que chacun embrasse les gens qu'ils aiment.  J'ai envie que le 12 décembre, même si ce n'est qu'une date, que tout le monde sourit à la vie et l'apprécie sincèrement...sans tricher !  Bien sur que si on cherche (et parfois on a pas besoin de chercher très loin) on peut trouver milles imperfections, insatisfactions et malheurs à notre vie...on fini toujours par trouver ce que l'on cherche, alors pourquoi ne pas choisir de chercher le bonheur ?  Pourquoi ne pas commencer par une petite journée...une date comme une autre, le 12-12-12.
Le 12-12-12...journée de la vie, journée de l'Amour !
Bien sur que parfois je pleure, que j'angoisse, que je me fâche, que je cri et hurle par moment, que je perd le contrôle, que je remet tout en question, que je doute...je ne suis ni folle, ni insensible : j'ai eu une fille et elle est morte.  J'ai beau croire sincèrement que ça devait être ainsi, qu'elle a eu une vie courte mais intense et que mourir était ce qui était le mieux pour elle, qu'elle a laissé un héritage d'amour indescriptible et a changé ma vie et celle de plusieurs...elle me manque tellement. C'est ainsi et je crois que ce vide demeurera...mais ça n'est pas une raison de cesser de vivre moi-aussi et de ne pas être heureuse.  Avec elle n'est pas mort tout le reste...je suis vivante, ainsi que le sont beaucoup de gens merveilleux, incluant mes deux superbes garçons.  Je vais mourir un jour...ça c'est une certitude...en attendant j'ai une vie à poursuivre, des rêves à réaliser, et éventuellement j'arriverai à accepter le fait que la présence d'Ophélie dans ma vie appartient au passé, et que c'est sans elle que je dois avancer.  Je sais que c'est ce que je dois faire, mais je ne suis pas encore prête à la laisser derrière...même si la porter sur mon dos alourdi ma charge et me ralenti, même si je suis fatiguée...je me donne le temps car j'ai besoin de temps, mais je choisie d'être heureuse aujourd'hui.  C'est là où j'en suis, ici et maintenant.  
Trois vies, deux temps, un père noël.
Aujourd'hui nous sommes le 11 décembre...ce n'est pas une erreur de date de publication.  Si le 12 décembre 2011 notre cocotte d'amour nous quittait, la veille, un dimanche, pendant que mes nouveaux voisins aménageaient et qu'une belle neige tombait (si je me rappelle bien), le 11 décembre 2011 a été sa dernière journée de vie.  Nous avions passé la journée à la serrer dans nos bras, à tour de rôle, du petit matin à tard le soir...et c'est sa vie dont je veux me rappeler.  Nous savions que c'était une question d'heures, et nous l'avons embrassé et aimé, puis nous l'avons rassurée (ou peut-être était-ce nous que nous rassurions)...jusqu'à ce que je me couche avec elle dans notre lit, pour me réveiller seule.  Je suis donc ici, un an plus tard, à vouloir écrire sur la vie, à vouloir souligner sa vie.  J'écris donc le 11 décembre, pour me souvenir de sa présence et tenter, à ma façon, de faire résonner sa vie dans le monde entier (ou aussi loin que peut se rendre ce message d'amour)...que demain, le 12-12-12, soit une journée spéciale...que ce soit une journée de paix et de partage, que ce soit une journée où l'on voit la beauté et les petits bonheurs du quotidien, que ce soit une journée où l'on choisi d'être heureux tous ensemble...que ce soit une journée de vie et d'amour.
À la douce mémoire de notre belle Ophélie, sourions à la vie.