Mon étoile

Mon étoile
Ophélie

mardi 16 juillet 2013

16 mois et 7 jours...et 8 jours...le temps, encore le temps, toujours le temps

Le temps me manque pour écrire...je le garde précieusement, égoïstement, pour Vivre. 
Vivre, Respirer, Sentir, Aimer
Hier, le 15 juillet, Adam a eu 16 mois et 7 jours...le même âge qu'Ophélie lorsqu'elle s'est envolée.  Ça m'a troublé...juste assez pour me tenir éveillée un peu trop longtemps durant la nuit...et puis le soleil s'est levé.  Aujourd'hui, Adam a 16 mois et 8 jours...est encore avec nous, plus heureux et intrépide que jamais.  
Toujours plus haut...toujours plus loin
Il va au bout de ses rêves
Le temps est doux avec mon grand.  Il est toujours aussi coquin et adorable.  Sur son calendrier on peut voir les collants qui lui indique ses occupations de l'été, incluant la fête de sa cocotte d'amour dont il parle encore fréquemment avec beaucoup d'amour (et d'ennui).  On voit aussi quand il va commencer l'école...déjà: si petit et si grand tout à la fois.  Il se défini, il me confronte, il me fascine...je l'aime d'un amour si fort...je l'aime dur comme une noix de coco, dirait-il !  Il réussit à trouver comment ajouter du temps au temps, et il me découvre de l'énergie là ou je croyais qu'il n'y en avait plus du tout !...c'est l'été il en profite, il bouge, il chante, il joue, il court, il nage et il rit !
Jacob est le roi de la natation, un vrai poisson-clown
Il vieillit bien ce sourire charmeur
Le temps passe...et pourtant elle est toujours aussi présente...dans un regard, un sourire, une fleur ou une douce brise.  Le temps passe, et moi, je ralenti...enfin...je prend le temps. 
Je cours...accomplissement, plaisir, fierté, contrôle, estime, liberté
Je médite...paix, calme, contrôle, plaisir, apaisement, estime, liberté
À bientôt...je reviendrai...


PS: Notre maison est encore à vendre...on est vraiment motivé...vraiment...on a trouvé LA maison...je m'étais dit que je ne ferais pas de pub sur ce blog..mais ma mère de disait "aide toi et le ciel t'aidera" ! Voilà maman je t'ai écouté et je donne un petit coup de pouce au ciel...ok univers c'est ton tour maintenant !
Maison à St-Jean-sur-Richelieu, la campagne à quelques minutes du centre-ville...une aubaine

vendredi 24 mai 2013

Ne rêve pas ta vie, vie tes rêves

Allez on se réveille ! Regardons autour de nous la beauté du monde, la magie, le miracle de la vie...ce que l'on cherche à accomplir dans la vie est en fait juste ici, maintenant, à portée de main.  Vous doutez ? Hé bien, ça m'arrive souvent également.  Je vais vous confier un petit rituel que j'accomplis quotidiennement pour me rappeler l'importance du moment présent...chaque soir je fais ma tournée d'amour.  Je vais dans la chambre de Jacob...je le borde confortablement, m'assure que la température de la chambre est adéquate, je l'embrasse et lui murmure des secrets d'amour dans l'oreille en lui rappelant notre rendez-vous au pays des rêves.  Mon grand garçon, tu seras toujours celui qui a fait de moi une maman...je t'aime.
...une passionnante nuit avec Koulou.
Je me dirige ensuite dans la chambre voisine, m'assurant de la température parfaite.  Je regarde mon bébé-bonheur dormir doucement, parfois bruyamment comme sa grande sœur.  Je remet les couvertures sur sa bedaine qui se soulève au rythme de sa respiration...en sachant très bien qu'elles ne resteront pas longtemps sur lui...alors je remonte un peu la température de la chambre.  Je lui souhaite une douce nuit, je lui dis à quel point je l'aime, je caresse le coin de ses yeux...bonne nuit mon cœur, je suis contente que tu sois dans ma vie.
...une douce nuit avec Zazou.
Je lève ensuite les yeux vers le ciel, parfois je me tourne vers mon cœur, et je lance un tendre baiser à Ophélie, une douce caresse dans l'univers.  Un bonne nuit du bout des lèvres, en sachant qu'elle l'a entendu dans mon âme avant même que les mots ne soient prononcés...bonne nuit ma toute belle, ma petite fille...tu me manques...tu es la bienvenue au pays des rêves, là où tout est possible.  Je t'aime.
...une éternelle nuit d'amour avec Phélie.
Rien n'est plus apaisant que regarder son enfant dormir, suivre le rythme de sa respiration.  C'est un des plus beaux souvenirs que j'ai d'Ophélie.  Quand la vie semble s'effondrer et que mon cœur s'emballe en tentant de suivre mon mental hyperactif...alors c'est au pays des rêves avec mes enfants que je voudrais être.  Là où tout est possible, ou il n'y a ni obstacles, ni argent, ni peurs.  Alors que j'étais enceinte de Jacob, une très bonne amie m'a fait connaitre une citation qui prend tout son sens aujourd'hui : Ne rêve pas ta vie, vie tes rêves !  Alors aujourd'hui j'ai envie de crier au monde entier, et à moi la première pour être bien honnête: Réveille et trouve le moyen de faire de tes rêves une réalité! 
Il suffit parfois de bien peu...quelques pétales sur le sol qui n'attendent que d'être propulsées vers le ciel!
On va bien.  On va mieux.  On s'est arrêté, on prend conscience du moment présent et surtout on agit.  Et même si parfois (lire quotidiennement en ce qui me concerne) on a aucune idée si on a pris la bonne décision, c'est toujours mieux que de rester couché et de ne rien faire.  On a mit la maison en vente, je change d'emploi et vais travailler seulement 3 jours/semaine dans des tâches qui correspondent encore à mes intérêts et compétences, je tente de reprendre un bon rythme de vie en (ré)introduisant course et méditation à ma routine, je consulte et prend soin de moi, je prend du temps pour mes enfants et mon couple...je vie et fait ce que je peux pour mettre en place ce qui est nécessaire pour vivre selon mes valeurs et non pas selon les attentes de la société...pour trouver mon équilibre.  Ça n'est pas toujours facile, mais je considère que j'en vaut la peine !

"I refuse to walk carefully through life only to arrive safely at death"

mardi 16 avril 2013

Oser vivre sa vie, oser s'arrêter

Je me souviens lorsque j'ai annoncé à mon médecin qu'Ophélie est décédée, j'étais enceinte de 6 mois, Jacob avait 3 ans et des poussières et depuis 14 mois on vivait intensément chaque moment avec une volonté sincère d'être heureux malgré les embuches de la vie.  C'était beaucoup plus facile avant que après son décès.  À mon rendez-vous de suivi, ce jour-là, mon médecin m'a dit : " je ne suis pas inquiète pour toi maintenant, mais dans un an, j'ai peur que tu tombes"...c'est avec une grande gentillesse qu'elle m'a accueillie dans son bureau, 1 an et 4 mois plus tard...et c'est avec respect qu'elle m'a écoutée et convaincu de m'arrêter.  Je suis en arrêt de travail.   
Je n'ai pas envie d'entrer dans les détails, j'en suis incapable et ça n'est pas la place.  Je suis encore face à face avec le loup...face à face avec moi-même.  J'écris beaucoup, mais simplement pour moi, pour avoir une perspective non-censurée sur moi, sur ce que je ressens.  Je suis peut-être retourné trop rapidement au travail, le temps plein était peut-être trop exigeant, on a pas trouvé le bon rythme pour réussir la conciliation travail-famille-deuil, je n'arrive pas à me réadapter à la société qui semble en contradiction avec mes valeurs, je suis dans une période plus difficile de mon deuil et David a déjà été plus en forme...quoi qu'il en soit, mon corps, ma tête et mon cœur se sont alliés pour me signifier que c'était trop.  J'ai su m'arrêter avant d'arriver au mur, il s'approchait rapidement. 
Le plus difficile n'est pas d'écrire, c'est d'écrire sans se censurer soi-même.
 Le passage d'Ophélie dans ma vie a crevé un abcès dans mon cœur.  Elle a libéré toutes les émotions enfouis en moi depuis toujours, dans toutes leur intensité...et cette fois ma tête n'a pas pu les "mettre en boîte", les filtrer selon le contexte, ou les remettre à plus tard " car on a besoin de moi ailleurs".  Je ne peux que constater que je dois apprendre à les vivre et à les respecter,...que je dois apprendre à vivre et à me respecter.  Je dois vivre l'intensité de la tristesse et de la colère pour retrouver l'intensité du bonheur et du rire.  Pour retrouver ma liberté de vivre.  Je dois me regarder en face, et oser m'aimer dans ma globalité.  Je pourrai ainsi continuer à avancer, sans regarder en arrière, sans regrets, sans remords,...ainsi je pourrai vivre le moment présent et apprécier l'héritage d'Ophélie.  J'y travaille avec tout mon coeur.

Parce que j'aime mes enfants, et que j'ai envie de leur offrir une vie heureuse, avec une maman souriante et disponible.

La Vie étant ce qu'elle est, souvent incompréhensible mais toujours fascinante, elle semble s'être soudain décidée à entendre nos rêves et nos espoirs, alors que je me décide enfin à m'arrêter (elle a dut se dire : "il était temps").  Est-ce que c'est le vieil adage "aide toi et le ciel t'aidera" qui s'actualise ici?...les choses bougent et de nouvelles fenêtres s'ouvrent.  On est donc dans une période étrange, épuisé, dépressif et anxieux, et à la fois quelque part entre la terreur, le soulagement, la fébrilité, l'excitation, l'angoisse et la prudence...un peu comme sauter en parachute! 

À quelques détails prêts...c'est un peu comme ça que je me sens, mais une fois la porte de l'avion passée c'était tellement intensément agréable, je me dis que parfois il faut savoir oser vivre sa vie !

mardi 19 mars 2013

Tic tac tic tac...16 mois et 7 jours.

Aujourd'hui...mardi le 19 mars 2013, ça fait exactement 16 mois et 7 jours qu'Ophélie est décédée...soit l'équivalent de sa durée de vie.  Excluant les semaines de grossesse, nous avons maintenant passé autant de temps avec elle que sans elle...étrange le temps.  Vous avez fait quoi des derniers 16 mois et 7 jours ?  Et les 16 mois et 7 jours précédents ?  Vous trouvez que le temps a passé rapidement ou qu'il semble s'être étiré tout doucement?  Ça parait si peu 16 mois et 7 jours...et pourtant c'est la durée d'une vie qui fut intense et riche en émotions...c'est la durée totale de sa vie.  Une si petite vie qui a causé tant de mouvement...tant d'amour.  Ce n'est pas rien 16 mois et 7 jours, en réalité pour elle ce fut tout...et pour moi ce fut l'éternité et le néant en même temps.  Un big bang dans mon cœur...un renouveau.  Une petite étincelle d'amour qui s'est transformée en étoile filante parcourant l'univers.
Ophélie 16 mois et 5 jours, une des dernière photo prise d'elle.
Pour la première fois depuis la mort de sa petite sœur, Jacob a pleuré...pour vrai, avec son cœur.  Des larmes ont coulés sur ses joues.  J'ai vu ses yeux se remplir de tristesse.  Mon fils a nommé sa peine.  C'est d'une toute petite voix qu'il m'a dit que cocotte était parti trop vite et qu'elle avait pas eu le temps de jouer avec lui.  Il m'a dit qu'il voulait pas qu'elle soit partie dans les étoiles tout de suite.  Qu'il voulait qu'elle devienne une grande sœur.  Qu'elle joue avec lui.  Qu'il n'avait pas eu le temps.  Qu'il lui avait juste lu une histoire. (...) Je n'ai pas su quoi répondre, je l'ai donc écouté en lui flattant doucement les cheveux.  Je l'ai écouté avec mon cœur et nous avons pleuré doucement ensemble.  Je ne pouvais qu'être d'accord avec lui: j'aurais aussi aimé qu'elle reste avec nous et devienne grande.  
Une maman a beaucoup de pouvoirs, mais pas celui de manipuler le temps et la maladie.  Par contre, une maman a le pouvoir d'aimer.  J'ai discuté avec lui de la mort, puis de la vie.  J'ai partagé avec lui ce que je sais et ce que je crois: j'ai parlé de corps et d'incinération, j'ai parlé d'âme et d'amour, j'ai parlé de poussière d'étoile et de sa présence en nous, j'ai parlé de son amour, d'une partie d'elle que je crois avec nous et qui nous "entend" (mais pas pour vrai avec des oreilles, évidemment)...et je lui ai dit qu'il pouvait lui parler s'il en avait envie et si ça lui faisait du bien: il lui a dit: "je veux pas que tu partes, je veux que tu joues avec moi et que tu deviennes grande".  Impuissante je l'ai pris dans mes bras.  Je lui ai demandé, selon lui, ce que cocotte lui dirait...il m'a ramené a l'ordre sur le fait qu'elle ne pouvait pas parler (évidemment).  Lorsque j'ai exprimé que selon moi, le "cœur" d’Ophélie lui dit qu'elle l'aime...il a fait un sourire d'un air heureux, puis a serré très fort son toutou d'Ophélie et s'est endormi en écoutant sa chanson.
Ouf.  Ophélie ma belle petite fille tu me manques tout en étant omniprésente.  16 mois et 7 jours...tic tac tic tac...j'ai maintenant passé plus de temps sans toi qu'avec toi.  Et pourtant.  Parfois je me demande si tu n'as pas toujours été là...et si tu ne le seras pas toujours.  Tu es l'amour.  Tu es la vie.  Tu es ma fille.  Je suis ta mère et toujours je porterai la vie et l'amour sur mon chemin.  Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai.
Un beau souvenir, un moment d'amour et de vie à l'état pur !
Lorsque David a terminé la lecture de ce texte, il m'a dit qu'il le trouvait juste, beau et triste.  J'ai alors tenté d'alléger mon texte, d'y ajouter des éléments de joie, des réflexions sur la notion du temps et la société...puis je suis revenu à la version originale.  C'est correct d'être triste et ça m'empêche pas d'être heureux...comme la mort, ça fait partie de la vie.  Rassurez-vous c'est avec un sourire radieux que Jacob s'est réveillé le lendemain matin...ainsi-soit-il!

lundi 11 mars 2013

Un diagnostic...et alors ?

Je vous présente mon fils, Jacob, il a 4 ans et demi.  C'est un charmant blondinet aux yeux bleus taquins.  Curieux et affectueux, il adore jouer...il raffole des amis, même si parfois partager n'est pas aisé.  Un petit caméléon qui s'adapte à toutes les situations et à tous les styles de personnes...c'est un vrai petit singe, qui apprend tranquillement que tout n'est pas digne d'être imité.  Farceur et clown...avoir de l'attention est certes apprécié chez Jacob et il a beaucoup d'imagination pour arriver a ses fins...et de la persévérance, croyez-moi.  La patience, cependant, n'est pas sa qualité première...compensée par de magnifiques fossettes qui séduisent à coup sur.  Jacob a la facilité de jongler avec son imaginaire et à inventer milles scénarios d'une situation.  Facilement motivé et intéressé par tout ce qui lui est présenté, il a une très bonne mémoire...même quand on aurait préféré qu'il oubli !   Doté d'un raisonnement surprenant, il a une compréhension de la vie dont beaucoup d'adultes pourrait s'inspirer.  Actif, une petite boule d'énergie, ne voulant rien manquer et tout faire à la fois...c'est un bambin attachant et aimant.  
Jacob a une relation particulière avec son cerveau...il en parle comme d'une entité distincte de lui-même, c'est charmant et troublant à la fois.  Son cerveau lui dicte des actions à faire, particulièrement si ce n'est pas tout à fait permis: "c'est pas moi, c'est mon cerveau"...son cerveau lui dit plein de choses, comme :"maman-maman-maman-maman..."...et Jacob nous explique :"il y a plein d'énergie dans mon cerveau...c'est comme ça".  Il faut dire que Jacob a entendu parler du cerveau assez tôt dans sa vie...par le biais de celui de sa sœur.."son cerveau à elle, dans sa tête, il était brisé et on ne pouvait pas le réparer".  Il sait que le cerveau est très important.  Jacob a donc ses caractéristiques propres qui le définissent comme enfant, et il a également son expérience de vie...qui est riche en événements marquants.  Jacob a vécu des choses que peu de ses amis de la garderie ont vécu, et en peu de temps.  Il cherche du mieux qu'il le peut son chemin au travers cette vie, essayant de comprendre l'instabilité émotionnelle de ses parents qui l'adore.  Il tente de comprendre les mystères de la vie :"qui c'est le bébé qui va venir quand Adam va mourir" et est rassuré par notre ouverture à lui expliquer la vérité...du moins celle que l'on connait: "le cerveau de Adam va bien, il n'est pas brisé.  Adam va grandir et rester avec nous."
Adam a eu un 1an...sous le regard attentionné de son grand frère, toujours prêt à l'aider à manger du gâteau au chocolat.
Jacob est le même aujourd'hui qu'il était avant Ophélie...mais il est impossible de vivre cette aventure sans en être touché, d'une façon ou d'une autre.  Jacob vit aujourd'hui la même chose que nous: il doit apprendre à vivre dans la société telle qu'elle est, tout en tentant de rester soi-même.  Jacob a peut-être un diagnostic de trouble de l'attention avec hyperactivité, communément nommé TDAH...ou peut-être quelques symptômes extra d'anxiété...vous êtes surpris? pas nous.  Il est le même aujourd'hui qu'il l'était avant qu'on nomme ces diagnostics, et que ça se confirme ou non il demeurera le Jacob qu'on adore.  On connait Jacob, ça ne change pas qui il est, ça ne fait que nous donner une nouvelle lunette pour mieux le comprendre et ainsi mieux l'aider.  Le TDAH est un ensemble de symptômes précis dans trois sphères (attention, hyperactivité, impulsivité), qui résultent de caractéristiques neurologiques précises, parfois certains symptômes d'anxiété ou de dépression chez l'enfant peuvent s'y apparenter...bref, il y a bel et bien quelque chose de spécial dans son cerveau, il était temps qu'on l'écoute ! 
Un diagnostic de TDAH n'est pas ce qui caractérise un enfant, il ne se limite pas à ces 4 lettres, c'est une fraction de l'enfant qu'il est, et un multiplicateur des possibilités qui s'offrent à lui pour l'aider.  C'est une piste pour prévenir le mieux possible les échecs sociaux et scolaires, en mettant dès le départ des bases que l'on va tenter de faire solides...en étant très conscients que tout le monde vit des échecs dans la vie.  Bref rien de bien différent de ce que l'on ferait pour n'importe quel enfant qui entre à la maternelle.  Un diagnostic...et alors ?  Et bien, ça change pas grand chose et ouvre de nouvelles fenêtre, tout à la fois.  Après une petite révolte contre la vie sur "les cerveaux" de mes enfants...je retrouve mes sens...Jacob est tel qu'il est, ainsi-soit-il.  J'ai accepté et présenté Ophélie telle qu'elle était pendant toute sa vie et j'ai bien l'intention de faire la même chose avec Jacob et Adam.  Je ne dis pas que ça vient faciliter les choses, au contraire, je sais que j'ai un monde de fausses perceptions à changer, mais au moins j'ai des pistes.  J'ai des outils en poche pour présenter mon fils sous toutes ses coutures et m'assurer que 4 petites lettres, si confirmées, ne teintent pas le regard des gens sur lui...pour m'assurer que tous et chacun voit le petit blondinet aux yeux bleus taquin...mon grand garçon d'amour qui me rend si fière d'être sa maman.
Je t'aime mon cœur.

dimanche 3 mars 2013

J'ai fais un rêve

J'ai fait un rêve.  Un rêve merveilleux.  J'ai rêvé que j'avais une fille, une magnifique petite fille toute rose...toute ronde.  Ses grands yeux bleus brillaient comme qu'ils détenaient tous les secrets de l'univers.  Sa peau était légèrement rude et fraiche...suffisamment pour attendrir tous les baisers passionnés que l'on pouvait y déposer.  Elle avait de toutes petites mains trapues avec lesquelles elle se frottait le nez de temps à autre...et ses joues étaient suffisamment dodues pour ajouter du confort à tous les câlins qu'elle recevait.  Elle avait de tout petits pieds accrochés à de belles grosses jambes bien en chair....et tellement de plis que j'ai arrêté de les compter.  Cette petite fille à la bouche en cœur s’appelait Ophélie...et c'était le plus beau des rêves.
Parfois (lire souvent) j'ai l'impression qu'elle n'était qu'un rêve et que ce rêve s'effiloche trop rapidement dans ma tête...comme lorsqu'on se réveille le matin et qu'on tente de retourner dans son rêve car on s'y sentait merveilleusement bien.  Puis rendu au midi, on a du mal à se souvenir des détails de ce rêve et on se rappelle de moins en moins...sauf qu'on se sentait tellement bien.  C'est ainsi que je peux me sentir, et je ne veux pas arriver à midi et que ma journée avance.  Me questionnant sur ma propre santé mentale, j'ai pris mon courage à deux mains et en souhaitant qu'il ne m'interne pas sur le champs, j'en ai parlé avec David...soulagement je ne suis pas seule (donc pas complètement folle) : il a la même sensation.  C'est rassurant, mais tout aussi affolant.  Plus la vie avance, moins Ophélie est présente...et je dois m'adapter.  Comme si à chaque étape je replonge dans ce rêve merveilleux et me demande si je peux y retourner...puis je ne sais même plus si je suis en train de tout imaginer...Dite-moi qu'elle a vécue, que je l'ai réellement portée, que je lui ai donnée la vie, nourrie, bercée, serrée dans mes bras, embrassée et que je l'ai aimé jusqu'à sa mort.  Dite-moi que je ne suis pas la seule à me souvenir, dite-moi que le rêve ne continuera pas de s'estomper...dite-moi que j'y rêverai encore demain...dite-moi que je suis encore un peu saine d'esprit.
Alors que j'avais écrit ces deux paragraphes sans leur trouver de dénouement...outre mon questionnement à savoir si je suis à la frontière de la psychose, à confondre la réalité et les rêves tout en aspirant à un monde utopique qui se crée de jour en jour dans ma tête.  Bref sans une fin m'apportant un certain apaisement, ce texte ne devait pas être publié...et puis quelque chose de magique s'est produit.  J'étais confortablement collé-collé sur le divan avec Jacob, regardant un magnifique court métrage rempli d'étoiles, lorsque je lui ai demandé : 
à voir et revoir...très beau...très doux court métrage de Pixar : La luna.
 (moi) "tu te souviens de ta petite sœur"
(Jacob) "ben oui c'est cocotte d'amour"
(moi) "et tu te souviens de comment elle était?"
(Jacob)  "...elle était pour de vrai"

Elle était pour de vrai!...alors maintenant milles scénarios sont possibles...il sait lire et s'est faufilé dans mon ordinateur pour lire mon texte inachevé de la journée...ou...il est télépathe...ou...Ophélie lui a chuchoté la bonne réponse à oreille...ou...je me pose beaucoup trop de questions et elle était tout simplement : pour de vrai.  Encore une fois...merci Jacob pour cette leçon de vie.
Vrai ! tout simplement.  Apprenons de nos enfants.

jeudi 24 janvier 2013

"Passionnante" routine et mot-phare

Durant plus d'un an et demie j'ai écris mon quotidien, j'ai partagé avec vous tous...amis et inconnus...mes réflexions, mes émotions et les images de ma vie.  Par mes mots j'ai contribué à laisser une trace de la vie de ma fille, et je l'espère, de marquer le cœur des gens qui ont eu la chance de la croiser virtuellement ou en chair et en os...surtout en chair !...Depuis plusieurs semaine je n'y arrive plus, malgré une pulsion qui me ramène constamment devant mon clavier...même phénomène pour ma caméra qui attend avec solitude le moment de capter l'instant présent.  Je me sens parfois décalée dans le temps...comme si j'étais une spectatrice plutôt qu'une actrice dans ma propre vie...les mots sont confus...les réflexions sont longues à venir et les distractions nombreuses... 
Mon téléphone, plus rapide et facile d'accès, compense parfois ce besoin de capter l'instant.  Mais la vie va tellement vite...comme Jacob...et je n'arrive pas toujours à être synchronisée.
Je suis donc de retour au travail à temps plein, et encore en constante dissonance entre ma vision de la vie et ce qu'elle semble m'imposer (à moi et le reste de la planète), en recherche de temps et d'énergie dans ces horaires insensés...je suis fatiguée et sensible...je suis en admiration devant ces parents qui y arrivent et en adoration devant ces familles monoparentales qui s'en sortent indemnes.  J'ai la chance d'avoir des collègues compréhensives (la majorité de femmes l'emporte) qui semblent parfois s'amuser de mes grandes théories sur la vie, tolérer mes petits emportements émotifs sur certaines situations qui me touche davantage et rire avec moi de mes petites lacunes cognitives (temporaires je l'espère).  À la maison, c'est la routine "habituelle" des parents qui travaillent...bref on court et on cherche du temps de qualité pour autre chose que le pratico-pratique du train-train quotidien: passionnant.  Heureusement que nous sommes deux...deux un peu affaiblis c'est tout de même mieux que seule avec ses angoisses...David a ses défis, j'ai les miens, Jacob ne donne pas sa place et Adam s'organise pour ne pas être oublié!
Commence à faire quelques pas, fait le poisson (ainsi que tout ce que Jacob peut lui montrer comme grimace) et dit "papa" au très grand bonheur de David.
Adorable et plein de surprises.  Sa nouvelle idée : il veut que papa mette une graine dans mon ventre qu'elle grandisse et se transforme pour avoir une autre petite sœur car la sienne est dans les étoiles alors il ne peut pas jouer avec elle...triste et mignon tout à la fois.
Et le couple dans tout ça...on tente de prendre le temps, on sait que s'aimer n'est pas nécessairement suffisant pour que le quotidien soit à la hauteur de notre attachement...mais je sais que ça ira. xxx
Je n'avais pas choisi de mot-phare pour guider mon année 2013...et comme mieux vaut tard que jamais, je crois que ÉQUILIBRE serait approprié.  Durant les dernières années j'ai eu beaucoup de prises de conscience (que vous avez peut-être lues au travers mes textes), j'ai investie tout ce que je pouvais et plus encore dans mon rôle de maman, négligeant les autres aspects de ma vie.  Je sais davantage ce que je veux, ce que je souhaite prioriser dans mon cœur et dans ma tête...mais je constate maintenant la difficulté d'actualiser le tout.  Je veux poser des actions concrètes qui vont dans le sens de mes croyances et valeurs de vie...et je suis face à une société qui n'est pas tout à fait bâtie comme telle...ou peut-être que mes choix doivent être requestionnés d'un autre angle.  Bref je cherche l'équilibre dans ma vie, l'équilibre entre mon cœur et ma tête, l'équilibre dans le quotidien, l'équilibre entre la vie professionnelle, personnelle et familiale, l'équilibre entre l'agenda et la spontanéité de vivre...l'équilibre dans mon corps...je veux arriver à méditer sur un fil de fer!  Première étape, pour le corps et l'esprit, le kundalini yoga et la course sont de retour dans ma vie et sont des éléments essentiels à mon équilibre...reprendre le contrôle de mon corps et de mon esprit, c'est un incontournable pour moi...
Petit aveu...un élément difficile dans le deuil de ma cocotte est de ne pas pouvoir avoir une photo de nous 5 dans le même cadre...parfois c'est comme si elle n'avait été qu'un rêve, un souffle chaud à peine perceptible mais qui te réchauffe le corps en entier...
Est-ce que je vais bien ? bof.  Est-ce que le quotidien est difficile...définitivement.  Est-ce que j'ai de beaux moments de bonheur...tout à fait et en voici quelques uns qu'il me fait plaisir de partager. 

Du bon temps avec de merveilleuses amies...qui m'ont apporté beaucoup plus qu'elles ne le pense durant ces 5 dernières années. 
Mon grand Jacob qui ne manque pas d'énergie sait nous surprendre par ses réflexions et ses mimiques...parfois anxieux, mais facilement rieur !
Un fou rire, un câlin...bébé bonheur porte bien son nom.
Un souper en famille avec chef à domicile...quelle belle expérience et quelle fabuleuse soirée !
Une visite toujours autant apprécié à "notre" musée du train, cette fois en compagnie de mes nièces adorée...tatie se gâte en petites filles...elles sont belles, coquines, curieuses et délicieusement coquettes et rebelles tout à la fois!